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13/05/2016 03:50 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Mondial-2016: possible meilleur rookie de NHL, Artemi Panarin veut offrir l'or à la Russie

Longtemps boudé par la Ligue nationale de hockey sur glace (NHL) en Amérique du Nord, l'attaquant russe Artemi Panarin est aujourd'hui en course pour décrocher le trophée de rookie de l'année et il vise évidemment le titre mondial à domicile avec la Russie.

Trente buts, 47 passes décisives: l'attaquant de 24 ans a réussi une première saison de NHL remarquable, qu'il veut conclure en apothéose en offrant l'or mondial à sa sélection.

"On travaille tous à cet objectif", assure à l'AFP le natif de Korkino, une petite ville de l'Oural russe à 1.500 km de Moscou.

D'autant que la sélection russe vient d'être renforcée par son buteur vedette Alexander Ovechkin et par Evgeny Kuznetsov et Dmitry Orlov, appelés après l'élimination des Capitals de Washington en play-offs de NHL.

"On attend bien sûr leur arrivée. Ils rendent l'équipe plus forte", ajoute le hockeyeur, auteur de trois buts et six passes décisives en quatre matchs au Championnat du monde.

La Russie, deuxième de son groupe derrière la République tchèque, affrontera la Suisse samedi pour le cinquième match de la phase de poules.

Aux Blackhawks de Chicago, qu'il a rejoints au printemps 2015, l'impressionnante première saison d'Artemi Panarin lui a fait gagner un surnom: "Bread Man", jeu de mots entre son nom de famille et une chaîne de sandwicherie locale, Panera Bread.

- 'Bread Man', alias 'Petit-pain' -

"C'est juste génial. Maintenant, les fans russes ont commencé à me donner des surnoms comme 'Petit-pain'", racontait-il le mois dernier aux journalistes.

Une réussite qui lui vaut d'être en concurrence avec les attaquants Connor McDavid des Oilers d'Edmonton et le défenseur Shayne Gostisbehere des Flyers de Philadelphie pour le trophée Calder du meilleur rookie, souvent prélude à une brillante carrière en NHL.

"J'avais déjà joué ici en Russie (en Ligue continentale, NDLR). Mais ce n'est pas comme si les autres arrivaient du jardin d'enfants", explique-t-il à l'AFP en évoquant ses deux concurrents pour le trophée.

Alors que Panarin avait échoué à plusieurs reprises à être drafté, le faire signer en NHL était un véritable pari, assure à l'AFP un recruteur d'une équipe de la conférence Ouest, désireux de garder l'anonymat.

Il y a beaucoup de points d'interrogation au moment de signer ce genre de joueurs", ajoute-t-il. Selon des connaisseurs du dossier, Panarin, qui mesure 1,80 m pour 77 kg, aurait notamment échoué à la draft à cause de sa petite taille et de son manque de puissance.

- Trop petit, trop russe ? -

Craig Button, l'ancien manager général des Flames de Calgary, devenu consultant pour la télévision canadienne TSN, estime pour sa part que Panarin aurait eu plus de chance d'être drafté s'il n'avait pas été russe.

Beaucoup d'équipes de NHL craignent en effet que les joueurs russes ne s'adaptent pas aux patinoires plus petites ou au style de vie nord-américain, estime-t-il.

Mais si Artemi Panarin a encore besoin d'un traducteur pour parler aux médias, il s'est parfaitement adapté à Chicago. "L'organisation est top. C'est confortable ici", déclarait-il à la presse le mois dernier.

Son succès pourrait aussi être attribué à ses coéquipiers, à commencer par l'attaquant vedette Patrick Kane, vainqueur cette saison du prestigieux Art Ross Trophy du joueur ayant accumulé le plus de points, ou à son compatriote Artem Anisimov.

"Je pense qu'il joue dans une équipe qui lui a permis d'avoir autant de succès", explique à l'AFP le recruteur de NHL. "Je ne suis pas sûr qu'il aurait eu la même opportunité dans d'autres équipes".

Mais les spécialistes affirment que Panarin, passeur décisif sur la moitié des 46 buts inscrits par Patrick Kane cette saison, a démontré son talent tout seul.

"Vous devez avoir un très haut niveau pour être capable de jouer avec Patrick Kane", affirme le recruteur.

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