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13/05/2016 06:19 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Mondial-2016: Bleus de la Baltique, une histoire finlandaise à succès

C'est presque une histoire d'amour: alors que l'équipe de France doit affronter la Finlande samedi (11h15) dans le Mondial-2016, quatre Bleus évoluent actuellement dans le pays nordique, et de nombreux autres y sont passés pour parfaire leur hockey.

Pour les Français, la route des sommets passe souvent par la Finlande, réputée dans le monde du palet pour l'excellence de sa formation et le très bon niveau de ses championnats. Tout ce qui manque encore à un hockey français en voie de développement.

Au départ, rien n'est concerté: la filière est le fruit de l'arrêt Bosman. Après 1992, de nombreux joueurs et entraîneurs sont venus en France. De retour au pays, ils ont ensuite fait la promotion du hockey hexagonal ou invité des jeunes français à des stages d'été.

"Mon coach au Mont-Blanc, c'était Ari Salo, je lui avais demandé de me trouver un essai et ça c'est bien passé", se rappelle Yohan Auvitu, parti il y a huit ans.

Au fur et à mesure, le succès des uns a favorisé l'arrivée des autres.

"Une fois qu'un ou deux joueurs français réussissent, les clubs finlandais se disent que les Français sont plutôt bons, qu'ils ont une bonne mentalité, qu'ils s'adaptent plutôt bien", note le DG de la Fédération française Eric Ropert. "On a maintenant plusieurs jeunes des équipes de France à Helsinki."

-'J'ai tout réappris'-

Dans le groupe emmené en Russie par Dave Henderson, Auvitu (IFK Helsinki), Charles Bertrand (Vaasa), Teddy Da Costa (Vaasa), Valentin Claireaux (KeuPa) évoluent au Pays des mille lacs. Et de nombreux autres y ont évolué (Yorick Treille, Quemener, Fleury, Ritz...) en passant d'abord par la D2 ou les juniors.

"On part en Finlande pour poursuivre son apprentissage", explique Claireaux, qui vient de signer au Lukko Rauma, après une saison au KeuPa (D2).

"C'est un bon tremplin pour les jeunes. Ils ont des conditions un peu au-dessus de ce que l'on voit chez nous", abonde le sélectionneur Dave Henderson. "C'est une bonne école de hockey. Le championnat est plus homogène et un bon joueur a besoin de jouer contre des joueurs de son niveau ou un peu au-dessus pour s'améliorer. Il a besoin de se donner à chaque fois qu'il monte sur la glace."

"J'ai repris les bases", renchérit Auvitu, en passe de signer pour une franchise NHL après avoir été élu meilleur défenseur de la saison finlandaise. "J'ai tout réappris, le patinage, le shoot, la vision, le professionnalisme. La politique de formation, on ne l'a pas chez nous."

"C'est obligé de passer par là", continue-t-il. "On ne peut pas passer de Ligue Magnus à la KHL ou NHL. Si tu veux te donner la possibilité d'évoluer, tu ne peux pas rester. Ce n'est pas possible, il n'y a pas assez de matches, pas assez d'intensité, pas assez de concurrence à l'entraînement, pas assez de professionnalisme."

-'Pas pour l'argent'-

Et, finalement, dans ce pays qui respire hockey, les Français se sentent bien, malgré des salaires souvent inférieurs, au moins au début.

"C'est sûr que l'on n'y va pas pour l'argent", sourit Claireaux, qui comme Auvitu, confie apprécier le côté "relax" de la vie en Finlande. "J'aime la vie là-bas", assure le Saint-Pierrais. "La Finlande, ce n'est pas très grand, il n'y a pas beaucoup d'habitants (...) Il fait noir un peu tôt, ça c'est un peu chiant. Mais franchement, comme ça, on passe plus de temps dans la salle de muscu après les entraînements."

Pendant que les joueurs font leurs gammes à Rauma, Keuruu ou Mikkeli, à Paris, la FFHG structure la formation et s'attelle à rendre plus compétitive la Ligue Magnus.

"On passe à 44 matches la saison prochaine et on a travaillé pour labelliser les clubs formateurs, en D2 et D3", détaille Eric Ropert. Mais, pour les résultats, il faudra patienter: "Ca prend du temps", prévient le DG.

mam/yk