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13/05/2016 11:33 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Le commandant militaire du Hezbollah tué dans une attaque à Damas

Le commandant militaire en chef du Hezbollah, Mustafa Badreddine, a péri dans une attaque près de l'aéroport de Damas, un nouveau coup dur infligé au mouvement chiite libanais qui combat en Syrie au côté du régime de Bachar al-Assad.

Le puissant mouvement armé chiite, ennemi juré d'Israël et classé "organisation terroriste" par les Etats-Unis, a annoncé vendredi la mort de son commandant militaire sans préciser la nature ou la date de cette attaque présentée comme "une grande explosion".

Il s'agit du plus important responsable du Hezbollah tué depuis l'assassinat en février 2008 à Damas de son prédécesseur Imad Moughniyé. Le mouvement libanais, allié de l'Iran, avait imputé cet assassinat à Israël qui a nié toute implication.

"Selon les informations préliminaires, une grande explosion a visé l'un de nos postes près de l'aéroport international de Damas, tuant le frère commandant Mustafa Badreddine et blessant d'autres personnes", a indiqué le parti dans un communiqué.

"Nous allons poursuivre l'enquête pour déterminer la nature et les causes de l'explosion et savoir si elle est due à un bombardement aérien, à un missile ou à un tir d'artillerie", a-t-il précisé sans pointer du doigt une quelconque partie.

Le mouvement chiite, qui a livré une guerre à Israël en 2006, accuse généralement l'Etat hébreu de l'assassinat de ses cadres, mais il ne l'a pas mis en cause dans ses premiers communiqués sur la mort de Badreddine.

Bardreddine, environ 55 ans, était responsable du dossier de la Syrie, où la guerre fait rage depuis cinq ans entre troupes du régime, rebelles et jihadistes.

Il était aussi l'un des cinq membres du Hezbollah accusés du meurtre de Rafic Hariri, l'ex-Premier ministre libanais tué dans un attentat à Beyrouth en 2005. Et il faisait l'objet de sanctions du Trésor américain.

- 'Revenir en martyr' -

Dans un premier communiqué laconique annonçant sa mort, le Hezbollah a affirmé que le chef militaire avait "dit il y a quelques mois, 'je ne reviendrai pas de Syrie, sauf en martyr ou en portant le drapeau de la victoire'. Et il est revenu aujourd'hui en martyr".

Les funérailles du commandant du Hezbollah ont eu lieu en fin d'après-midi dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Enveloppé du drapeau jaune de l'organisation, son cercueil a été porté par une marée de militants et de partisans du parti de Dieu.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, dont le pays est le principal allié régional du régime syrien, a présenté dans un message ses condoléances au chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.

"Le martyr de ce grand moujahed (combattant) infatigable va renforcer de plus en plus la détermination des forces de la résistance contre le régime sioniste et le terrorisme", a écrit M. Zarif.

Selon une source de la sécurité syrienne, l'explosion a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi dans un entrepôt près de l'aéroport de Damas, où se trouvait Mustafa Badreddine.

"Il y a beaucoup d'hypothèses (autour de sa mort), c'est pour cette raison que nous n'avons pas voulu anticiper (les résultats de) l'enquête", a déclaré le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, promettant toutefois dans "les heures à venir, au plus tard demain matin (samedi) des détails sur les raisons de l'explosion et la partie responsable" de l'attaque.

Mais Al-Manar, la chaîne de ce groupe, a souligné dans un commentaire que "les ennemis du grand martyr sont connus, que ce soient les sionistes (Israël, ndlr), les Américains ou les takfiris", terme utilisé en général pour désigner les groupes jihadistes ou islamistes radicaux sunnites.

Badreddine avait remplacé au poste de commandant en chef militaire Imad Moughniyé, qui était recherché par Interpol et les Etats-Unis pour une série d'attentats et d'enlèvements.

Une autre personnalité du Hezbollah, Samir Kantar, incarcérée pendant près de 30 ans en Israël, avait été tuée en décembre 2015 dans un raid aérien, également près de Damas, un assassinat imputé alors à Israël par le Hezbollah.

- 'Cerveau' de l'attentat Hariri -

Selon l'expert du Hezbollah, Waddah Charara, Badreddine a été responsable de la formation de milices chiites en Irak, le lien direct avec l'Iran sur le plan militaire et le principal maillon liant le Hezbollah à l'affaire Hariri.

Mustapha Badreddine, ainsi que trois autres personnes, font l'objet de sanctions financières du Trésor américain depuis juillet 2015 pour leur "soutien actif (du parti) au régime Assad et des actions terroristes du Hezbollah".

Selon le Trésor, depuis septembre 2011, Badreddine avait accompagné le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah à Damas pour discuter avec M. Assad, alors que la Syrie s'enlisait dans la guerre civile après la répression de la révolte quelques mois plus tôt.

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), créé pour juger l'assassinat de Rafic Hariri, avait délivré des mandats d'arrêt contre Mustafa Badreddine, qualifié de "cerveau" de la planification de l'attentat, et contre quatre autres membres du Hezbollah.

Le parti a rejeté toute paternité de l'attentat et exclu la remise des suspects.

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