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13/05/2016 03:48 EDT | Actualisé 17/05/2016 10:49 EDT

L'amour et «La Bohème» à l'Opéra de Québec (PHOTOS)

Aznavour l’a bien chantée, cette vie pleine d’espoirs et de misères que vivent les protagonistes de La Bohème. Et à compter du 14 mai, l’homme de théâtre et nouveau directeur du Conservatoire d’art dramatique Jacques Leblanc propose sa version du monument de Puccini au Grand Théâtre.

Quelques camarades vivent dans un taudis, quelque part dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Artistes et philosophes, ils peignent, écrivent et réinventent le monde pour tenter de se mettre quelque chose dans l’estomac.

Le jeune Rodolfo trouve l’inspiration en Mimi, fragile voisine qui débarque chez lui par inadvertance. Il retrouve en elle, chante-t-il dans le premier acte, « le rêve que je voudrais toujours rêver ». L’amour naît, l’amour vit au gré de la fortune des compagnons et de la santé de la douce, l’amour meurt.

L’histoire a inspiré la comédie musicale Rent, pièce récipiendaire d’un prix Pulitzer, dans les années 1990. Elle est aussi restée dans la tête de l’acteur et metteur en scène Jacques Leblanc depuis qu’il en a entendu un air vers 9 ou 10 ans, au Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Plus tard, il voit l’une des adaptations cinématographiques de l’œuvre italienne.

« Je suis toujours resté avec cette histoire dans ma tête, avec cette gang de chums qui habitent sous le même toit et qui ne réussissent pas à vivre de leur art, se remémore celui qui vient de quitter ses fonctions de directeur artistique de la Bordée pour diriger le Conservatoire d’art dramatique. C’est quelque chose qui m’est arrivé au début de ma carrière comme à beaucoup d’autres artistes. »

C’est du reste une œuvre rassembleuse avec une bonne intrigue et des personnages attachants, croit Jacques Leblanc. Sans compter la musique. « Il y a des moments où les chanteurs n’auraient même pas besoin de chanter les mots et on comprendrait ce qu’il se passe tellement c’est collé sur les sentiments et l’intrigue. La musique seule nous donne des émotions tellement c’est grand. »

Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que l’homme de théâtre, qui a déjà quelques productions à l’Opéra de Québec derrière la ceinture, propose à son directeur général et artistique de monter le chef d’oeuvre de Puccini, il y a deux ans. « J’ai dit à Grégoire [Legendre] que s’il voulait me réengager un jour, j’aimerais beaucoup monter La Bohème. »

S’approprier le monument

L’acteur et metteur en scène n’est pas étranger aux classiques. Il a joué du Shakespeare et monté du Goldoni. À la Bordée en 2010, on l’a même vu dans une version moyen-orientale de L’École des femmes de Molière dont l’héroïne était soumise et… voilée.

Cette fois, il est resté fidèle à l’œuvre originale. « Ça se passe à peu près à l’époque où le compositeur l’a située, peut-être un peu plus tard. Ça ne se passe pas dans un salon à Charlesbourg, mais à Paris, sous les toits, à une certaine époque », souligne-t-il. L’équipe s’est d’ailleurs inspirée d’images d’époque pour concevoir les décors, dont un dessin à l’encre qui représente le Café Momus, où se déroule l’acte II.

« Tout le décor est fabriqué en toile et toute l’architecture qui soutient ces toiles donne l’impression de coups d’encre. En même temps, il y a beaucoup de fragilité dans cette structure, un peu comme le personnage de Mimi », détaille le metteur en scène.

La Bohème est présentée à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec les 14, 17, 19 et 21 mai prochain.

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