NOUVELLES
13/05/2016 09:11 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

La Russie refuse d'emblée les conclusions du sommet humanitaire d'Istanbul

La Russie a indiqué à l'ONU qu'elle ne se considérera pas liée par les décisions du prochain Sommet humanitaire mondial prévu les 23 et 24 mai à Istanbul (Turquie).

Dans une lettre au secrétariat de l'ONU obtenue vendredi par l'AFP, Moscou critique les préparatifs du sommet et exprime sa "profonde déception" que des suggestions russes n'aient pas été retenues.

La Russie déplore en particulier que les décisions dont doit accoucher le sommet "contiennent des obligations à long terme à prendre ou à laisser, sans que les Etats membres puissent faire valoir individuellement leurs positions ou observations".

"Etant donné ces circonstances inquiétantes, notre délégation n'est pas disposée à signer aucun de ces engagements", ajoute la lettre.

Moscou n'enverra au sommet qu'une délégation de niveau inférieur.

La Russie soutient en Syrie le régime de Bachar al-Assad tandis que la Turquie aide l'opposition armée. Les deux pays connaissent une période de tension qui a culminé avec un incident en novembre dernier au cours duquel un avion militaire russe a été abattu à la frontière turco-syrienne.

Le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a rejeté les critiques de Moscou, faisant valoir que "le sommet est le résultat de trois ans de consultations, y compris avec les Etats membres".

Le secrétaire général Ban Ki-moon espère que "la Russie jouera pleinement son rôle" dans ce sommet, a-t-il ajouté.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) avait annoncé la semaine dernière qu'elle renonçait "à regret" à participer au sommet humanitaire, affirmant n'avoir "plus aucun espoir" de voir cette réunion inédite faire pression sur les Etats pour améliorer l'aide aux victimes des conflits.

Selon les Nations unies, quelque 80 pays au moins doivent participer à ce premier sommet humanitaire mondial mais au dernier pointage, 45 seulement seront représentés par leurs chefs d'Etat et de gouvernement.

Les ONG et le secteur privé seront aussi présents à Istanbul, où 6.000 délégués sont attendus. Quinze groupes de travail doivent plancher sur des sujets comme la finance sociale islamique, l'éducation dans les situations d'urgence, le rôle des femmes dans les crises, la protection des journalistes ou encore les principes humanitaires et les lois de la guerre.

cml-avz/faa