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13/05/2016 10:33 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Espagne: incendie d'une gigantesque décharge de pneus, un millier d'évacués

Au moins un millier de personnes ont dû quitter vendredi leurs logements, à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, pour s'éloigner d'un nuage de fumée toxique produit par l'incendie d'une gigantesque décharge de pneus, vraisemblablement d'origine criminelle, selon les autorités.

Cette décharge illégale de pneumatiques usagés - la plus vaste du pays selon la presse - est située dans la province de Tolède (centre), sur le territoire des communes de Seseña et de Valdemoro.

"Tout paraît indiquer que ce désastre a été provoqué intentionnellement", a jugé le maire de Seseña, Carlos Velazquez, à la radio Cadena Ser, en soulignant que les fortes pluies des derniers jours excluaient un déclenchement accidentel.

Le feu "a produit un nuage toxique qui pourrait toucher une partie de Seseña" qui compte 20.000 habitants, a averti le gouvernement de la région de Castille-La Manche (centre) dans un communiqué.

L'alerte avait été donnée vendredi matin à 01H20 (23H20 GMT), a précisé à l'AFP un porte-parole des service de secours.

Les autorités ont d'abord invité la population à fermer portes et fenêtres, avant d'ordonner dans l'après-midi l'évacuation d'un lotissement, "au cas où dans la nuit le nuage de fumée y arrivait", a-t-il expliqué.

Selon le porte-parole, "un millier de personnes" devaient "rejoindre un gymnase".

Les trois-quarts de la décharge avaient déjà brûlé en fin de matinée, selon le compte Twitter des pompiers de la région de Madrid.

Et l'incendie pourrait se prolonger "plusieurs jours", a mis en garde le président de Castille-La Manche, Emiliano Garcia-Page.

L'incendie était cependant "confiné par d'amples chemins coupe-feu", a indiqué dans l'après-midi l'inspecteur chef des pompiers Luis Villarroel.

La décharge date des années 1990 et n'a cessé de s'étendre depuis. Elle a été déclarée illégale en 2003 mais rien n'a été fait pour enlever les pneus entassés sur près de 10 hectares, l'équivalent de 14 terrains de foot.

Le gouvernement suit "de très près l'évolution de la météorologie et son éventuel impact sur des infrastructures", a assuré la vice-présidente Soraya Saenz de Santamaria.

Mais "les voisins sont indignés", a dit à l'AFP un porte-parole de l'ONG Ecologistes en action pour Valdemoro, Vicente Garcia, joint par téléphone. "Les administrations des régions de Madrid et Castille-La Manche avaient tous les moyens d'agir et n'ont rien fait", a-t-il affirmé.

Les deux régions avaient décidé, fin 2015, d'organiser un appel d'offres pour vider la décharge mais il n'avait pas encore été lancé.

Les pneus sont très difficiles à détruire et leur dégradation naturelle prendrait des siècles, selon Ecologistes en action.

Les incendies de pneus sont également très difficiles à maîtriser et peuvent couver pendant des mois voire des années.

Trois hélicoptères ont été mobilisés. Deux hydravions devaient aussi intervenir.

La décharge est proche d'une des autoroutes les plus fréquentées d'Espagne, l'autoroute d'Andalousie, reliant la capitale au sud du pays.

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