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13/05/2016 11:31 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Brésil: quand Michel Temer livrait ses analyses politiques aux Américains

Michel Temer, devenu jeudi le nouveau président du Brésil, a donné des briefings sur la situation politique brésilienne à des diplomates américains, en 2006 alors qu'il était député, selon des documents publiés vendredi par Wikileaks.

Ces documents, des télégrammes diplomatiques diffusés vendredi via Twitter, datent de janvier et juin 2006. Ils contiennent des informations qualifiées de "sensibles mais non classifiées": en fait, des conversations entre Michel Temer, alors député du parti centriste PMDB, et des représentants américains.

Un des documents identifie l'interlocuteur de Temer comme le consul général des Etats-Unis au Brésil de l'époque, Christopher McMullen.

Dans son message publié sur le réseau social, le site de lanceurs d'alertes Wikileaks qualifie M. Temer "d'informateur de l'ambassade pour les renseignements américains". Mais les documents diplomatiques eux-même ne donnent pas de précisions sur le statut de Michel Temer ou la nature de ses relations avec les diplomates américains.

M. Temer estime dans ces télégrammes que l'élection de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, en 2002, avait créé un "énorme espoir" au sein de la population tout en jugeant que sa présidence avait été décevante. C'est pourquoi sa formation politique évaluait alors la possibilité de présenter son propre candidat en 2006 lors de l'élection à venir.

Une alliance avec le Parti des Travailleurs (PT-gauche) de l'ancien président Lula et de Dilma Rousseff, n'était cependant pas exclue, en fonction des circonstances.

"Le vrai problème du PMDB c'est qu'il n'a pas d'idéologie ou de structure politique qui lui permette d'élaborer et de mettre en place un programme politique cohérent", écrit Christopher McMullen dans un des télégrammes. Il y qualifie ce parti, faiseur de majorité au Brésil et ancien allié de Dilma Rousseff, de "coalition de caciques régionaux opportunistes".

Michel Temer, 75 ans, assume depuis jeudi la présidence d'un Brésil divisé et en crise après un vote historique du Sénat qui a suspendu du pouvoir la présidente de gauche Dilma Rousseff pour 180 jours maximum.

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