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13/05/2016 08:07 EDT | Actualisé 14/05/2017 01:12 EDT

Brésil/corruption: suspension de l'enquête sur Aecio Neves, rival de Rousseff

Moins de 24 heures après l'avoir autorisée, le Tribunal suprême fédéral (STF) du Brésil a suspendu l'ouverture d'une enquête pour corruption contre le sénateur Aecio Neves, rival malheureux de Dilma Rousseff à la présidentielle de 2014.

Le juge Gilmar Mendes a déclaré jeudi soir à la presse que la défense de M. Neves avait démontré qu'il n'y avait "pas de faits nouveaux" pour demander une enquête.

C'est ce même juge qui avait pourtant "accepté" la veille la demande du procureur de la République Rodrigo Janot d'ouvrir une enquête à l'encontre de M. Neves sur des soupçons de pots-de-vin et un compte bancaire secret familial au Liechtenstein.

M. Neves préside le Parti social-démocrate brésilien (PSDB, centre-droit), la principale formation de l'opposition brésilienne à l'origine de la procédure de destitution de Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics.

La décision du juge Mendes était intervenue alors que le sénateur Neves participait à la session plénière du Sénat qui a écarté jeudi matin Mme Rousseff de la présidence pour la soumettre à un procès en destitution. A l'issue de cette séance, le juge Mendes avait été nommé président du Tribunal Supérieur électoral (TSE).

Outre M. Neves, le procureur avait demandé début mai l'ouverture d'enquêtes contre 31 personnes dans le cadre du scandale de corruption Petrobras qui visait notamment l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Elle se basait sur les accusations de Delcidio Amaral, ancien chef du groupe sénatorial du PT qui a accepté de collaborer avec la justice après sa mise en examen dans le cadre de l'affaire Petrobras.

Selon M. Amaral, M. Neves a bénéficié d'un réseau de dessous-de-table mis en place au sein de Furnas (filiale de Petrobras), impliquant les mêmes entreprises de BTP que celles impliquées dans le dossier Petrobras.

M. Amaral, qui a été déchu mardi de son mandat de sénateur, accuse aussi M. Neves d'avoir tenté de cacher des données bancaires qui impliqueraient sa gestion de gouverneur de l'Etat de Minas Gerais (2003-2010) dans un système d'achat de votes au Parlement lors de la dernière décennie, connu comme le scandale du "mensalao".

Les déclarations de M. Amaral avaient déclenché mi-mars un séisme politique au Brésil car il accusait également Mme Rousseff et son prédécesseur Lula d'être au courant et d'avoir bénéficié du réseau de corruption Petrobras.

Le sénateur avait aussi mis en cause le vice-président Michel Temer qui a pris ses fonctions jeudi en tant que président.

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