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12/05/2016 02:29 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Visas: Erdogan dénonce l'"hypocrisie" de l'UE, refuse de modifier la loi antiterroriste

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi l'"hypocrisie" de l'Union européenne qui demande à la Turquie de modifier sa loi antiterroriste en échange d'une exemption de visas pour ses citoyens voulant se rendre dans l'espace Schengen, mesure négociée dans le cadre de l'accord sur les migrants.

"Depuis quand dirigez-vous ce pays, qui vous en a donné le droit?", a-t-il déclaré lors d'un discours à Ankara, estimant inacceptable un assouplissement de la législation antiterroriste en Turquie, confrontée à la reprise de la rébellion kurde depuis l'été dernier.

"Ceux qui veulent ce droit (de combattre le terrorisme) pour eux-mêmes mais considèrent que c'est un luxe pour autrui, laissez-moi le dire clairement, agissent avec hypocrisie", a-t-il affirmé au sujet de la demande de Bruxelles à Ankara de modifier sa législation antiterroriste, jugée trop large et pas en ligne avec les normes de démocratie européennes.

Au même moment, à Berlin, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prévenu la Turquie qu'elle ne pourrait pas obtenir d'exemption de visa si les 72 critères prévus, dont une modification de cette législation controversée, n'étaient pas remplis.

L'exécutif européen a ouvert la voie le 4 mai à l'exemption de visas, dont Ankara a fait une condition indispensable pour continuer d'appliquer son accord controversé avec l'UE, visant à juguler le flux de migrants souhaitant se rendre en Europe.

Mais Bruxelles a assorti son avis favorable de réserves, estimant qu'Ankara devait encore remplir cinq critères parmi les 72 fixés pour l'obtenir, dont une révision de sa législation antiterroriste, ce qu'Ankara refuse.

M. Erdogan a également dénoncé la complaisance montrée par les pays européens, selon lui, à l'égard d'organisations terroristes comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée contre les forces d'Ankara depuis 1984, et accusé l'Occident d'avoir "laissé seule la Turquie" contre le groupe Etat islamique (EI).

BA/gkg/at