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12/05/2016 11:06 EDT | Actualisé 12/05/2016 11:09 EDT

Le tourisme sexuel impliquant des enfants est en hausse au Canada

SIHANOUKVILLE, CAMBODIA - 2010/07/24: The 'adopted' son of a 63 year-old Swedish man convicted of pedophilia, now lives with his mother and younger brother in a small room outside the resort of Sihanoukville. The first time the boy met the Swede, he was nine years old. He then received money for his education from the Swede, and they even made several trips abroad together. During the trial, he testified against the Swede telling the court that he had been sexually abused for years. Today, he has taken back his accusations, 'My father has not done anything with me. He was a good father.' His 'father' will find out on Friday 13th 2010 whether the US $11,000 bribe he has boasted of having paid to four Cambodian judges will overturn his six and a half year sentence and set him free. In January 2010 his conviction came as a result of investigative work by an NGO, Action Pour Les Enfants (APLE) formed in 2003. Cambodia's reputation as being a sex paradise for foreigners along with its lax legal system, has acted as a magnet to pedophiles.. (Photo by Jonas Gratzer/LightRocket via Getty Images)
Jonas Gratzer via Getty Images
SIHANOUKVILLE, CAMBODIA - 2010/07/24: The 'adopted' son of a 63 year-old Swedish man convicted of pedophilia, now lives with his mother and younger brother in a small room outside the resort of Sihanoukville. The first time the boy met the Swede, he was nine years old. He then received money for his education from the Swede, and they even made several trips abroad together. During the trial, he testified against the Swede telling the court that he had been sexually abused for years. Today, he has taken back his accusations, 'My father has not done anything with me. He was a good father.' His 'father' will find out on Friday 13th 2010 whether the US $11,000 bribe he has boasted of having paid to four Cambodian judges will overturn his six and a half year sentence and set him free. In January 2010 his conviction came as a result of investigative work by an NGO, Action Pour Les Enfants (APLE) formed in 2003. Cambodia's reputation as being a sex paradise for foreigners along with its lax legal system, has acted as a magnet to pedophiles.. (Photo by Jonas Gratzer/LightRocket via Getty Images)

Le nombre d'enfants exploités dans le secteur du voyage et du tourisme est plus élevé que jamais au Canada et à travers le monde, selon un nouveau rapport publié jeudi.

L'étude menée sur deux ans, produite par l'organisation non gouvernementale ECPAT International, révèle que le tourisme sexuel impliquant des enfants a augmenté radicalement et s'est transformé au cours des 20 dernières années, malgré les efforts consacrés à combattre le problème à l'échelle mondiale.

La principale raison de cette augmentation est la hausse "phénoménale" des voyages dans le monde, ce qui a créé davantage d'occasions de commettre des agressions, affirme Ernie Allen, membre de l'équipe ayant rédigé le rapport.

L'étude indique que le Canada et les États-Unis, traditionnellement considérés comme des "pays sources" pour les agresseurs, deviennent de plus en plus des destinations.

Bien que peu de données empiriques soient disponibles, l'étude suggère également que les enfants sont recrutés alors qu'ils sont plus jeunes, et que davantage d'enfants dans les deux pays ont des activités sexuelles pour survivre.

Montréal est citée comme un point névralgique du tourisme sexuel impliquant des enfants, en raison de sa proximité avec la frontière américaine et des nombreux événements sportifs et festivals qu'on y présente.

Au Canada, les femmes et enfants autochtones sont particulièrement vulnérables et sont souvent transportés pour être exploités près des plateformes pétrolières et des sites miniers, lit-on dans le rapport.

Galerie photo Des femmes autochtones portées disparues au Canada Voyez les images

L'étude a découvert qu'au cours des 20 dernières années, le profil de l'agresseur a changé et ne correspond plus au stéréotype de l'homme pédophile d'âge moyen, occidental, blanc, aisé, qui voyage dans des pays moins développés spécifiquement pour exploiter des enfants.

Aujourd'hui, la majorité est des agresseurs dits "situationnels", c'est-à-dire des gens qui n'avaient sans doute jamais rêvé d'exploiter un enfant jusqu'à ce qu'on leur donne l'occasion de le faire. Ce sont souvent des résidants locaux ou des voyageurs internes.

"Il s'agit de voyageurs d'affaires, de travailleurs migrants, de bénévoles", a expliqué M. Allen.

Les lieux de transport, les congrès, les concerts et les lieux de travail éloignés sont d'autres endroits problématiques au Canada, selon M. Allen.

"Les entrepreneurs de l'exploitation sautent sur ces occasions d'offrir - entre autres choses - des enfants", a-t-il ajouté.

L'Internet a exacerbé le problème en offrant une façon peu risquée pour les agresseurs d'aborder des victimes et pour les trafiquants d'annoncer leurs services.

M. Allen a louangé les efforts des forces de l'ordre au Canada, principalement de la GRC et de la Sûreté du Québec, de même que de l'ancien gouvernement conservateur, pour avoir imposé des pénalités plus lourdes aux prédateurs sexuels s'attaquant aux enfants.

Mais en raison de l'étendue des crimes et du fait qu'ils sont peu dénoncés, M. Allen croit que les gouvernements et les forces de l'ordre devront travailler en partenariat avec le secteur privé pour faire des progrès importants.

Certains hôtels, compagnies aériennes et entreprises spécialisées en tourisme se sont engagés à combattre le problème, mais M. Allen croit que davantage d'entreprises doivent mettre en place des politiques et former leurs employés pour qu'ils soient en mesure de reconnaître et rapporter des incidents.

"La seule façon de ne pas voir ce problème dans toute communauté est simplement de ne pas regarder", a-t-il dit.

"La bonne nouvelle, c'est que nous avons commencé à regarder. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il faut regarder, puis il faut agir. Et vous devez mettre en place des systèmes pour minimiser les risques que cela se produise."

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