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12/05/2016 10:23 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Sélection des sénateurs: la menace de boycott de Québec n'émeut pas Ottawa

OTTAWA — Le gouvernement de Justin Trudeau fait fi de la menace de Québec de boycotter le processus de sélection des sénateurs à Ottawa et assure qu'il ira de l'avant avec de nouvelles nominations dans les prochaines semaines.

La situation n'est plus au beau fixe entre Québec et Ottawa, alors que le ministre québécois responsable des Relations intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, dénonce le petit rôle accordé à la province dans la sélection de ses sénateurs.

Pour le choix des nouveaux sénateurs, Ottawa a mis sur pied un comité de sélection composé de trois membres fédéraux et de deux membres de la province concernée.

Ce processus, «unilatéralement proposé», selon M. Fournier, devait être temporaire. Or, dans une lettre qu'il a envoyée à la ministre fédérale des Institutions démocratiques Maryam Monsef, il s'indigne du fait que le gouvernement libéral rende permanente cette méthode.

À défaut d'un processus «plus représentatif», M. Fournier signale que Québec ne prévoit pas «transmettre de recommandations pour un futur comité de sélection».

Dans une déclaration écrite qu'elle a fait parvenir à La Presse Canadienne, la ministre Monsef indique qu'elle ira de l'avant «comme prévu» pour combler les cinq sièges vacants à la chambre haute réservés au Québec.

Elle ajoute que les deux membres québécois du comité de sélection — l'ex-olympienne Sylvie Bernier et le docteur Yves Lamontagne — ont un mandat de 12 mois et qu'ils prendront part à la prochaine sélection.

Dans un courriel, son attaché de presse Jean-Bruno Villeneuve indique que le gouvernement entend «lancer la phase permanente du processus dans les semaines à venir afin de combler les sièges restants».

Par ailleurs, le Nouveau-Brunswick ne risque pas d'emboîter le pas au Québec dans son boycott. En point de presse à Ottawa, le premier ministre néo-brunswickois Brian Gallant a dit croire que la méthode de nomination au Sénat pourrait être améliorée, mais il n'a pas servi la même volée de bois vert aux troupes de Justin Trudeau que ne le fait Québec sur cet enjeu.