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12/05/2016 07:20 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Rousseff appelle les Brésiliens à "se mobiliser" contre le "coup d'Etat"

Dilma Rousseff, dont le mandat de présidente a été suspendu temporairement jeudi, a appelé jeudi les Brésiliens à "se mobiliser" contre le "coup d'Etat" dont elle se dit victime, dans sa première déclaration après le vote historique du Sénat.

"Aux Brésiliens qui s'opposent au coup d'Etat, qu'ils soient de n'importe quel parti, je lance un appel : maintenez-vous mobilisés, unis et dans la paix. La lutte pour la démocratie n'a pas de date finale, c'est une lutte qui exige qu'on s'y consacre en permanence".

"Je n'aurais jamais imaginé devoir lutter une nouvelle fois contre un coup d'Etat", a ajouté Dilma Rousseff, qui a survécu à la torture sous la dictature (1964-1985) et a été la première femme élue à la tête du Brésil en 2010.

"Dilma, guerrière, de la patrie brésilienne!", ont scandé ses ministres et ses parlementaires proches rassemblés dans la salle de presse quand elle est apparue avec une heure et quart de retard sur l'horaire prévu.

Quelque 500 partisans massés dehors lui ont réservé un accueil semblable lorsqu'elle a fait un deuxième discours, devant le palais présidentiel.

"Temer, dehors!", ont lancé ses partisans en référence au vice-président Michel Temer, qui a pris possession des fonctions présidentielles et devait nommer un nouveau gouvernement dans la journée.

"Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement mon mandat, c'est le respect des urnes, de la souveraineté du peuple brésilien et de la Constitution", a déclaré la chef de l'Etat suspendue pour 180 jours maximum.

Elle a aussi répété qu'elle était victime d'un "coup d'Etat" et d'une "farce juridique et politique", et que son gouvernement avait subi "un intense sabotage" mené par son propre vice-président.

"Il s'agit d'un coup d'Etat parce qu'une destitution sans crime de responsabilité est un coup d'Etat", a-t-elle insisté.

"Ceux qui n'ont pas réussi à arriver au gouvernement par le vote direct du peuple sont arrivés par la force au pouvoir, en se fondant sur les raisons les plus légères", les maquillages des comptes publics qui lui sont reprochés. "Les actes dont on m'accuse sont courants et ont été pratiqués par tous mes prédécesseurs".

M. Temer (75 ans), ancien allié, est devenu l'adversaire de Mme Rousseff lorsque son parti, la grande formation centriste du PMDB, a quitté la coalition gouvernementale fin mars.

Le Brésil traverse une crise aiguë dans plusieurs registres, politique (procédure de destitution), économique (récession depuis deux ans) et moral (gigantesque scandale de corruption d'une grande partie de la classe politique autour de la compagnie publique Petrobras).

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