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12/05/2016 11:21 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Réforme du travail en France: le gouvernement survit à la motion de censure

PARIS — Le gouvernement du premier ministre français Manuel Valls a survécu, jeudi, à la motion de censure motivée par la controversée réforme sur le travail, alors que des dizaines de milliers de manifestants ont pris la rue dans les villes importantes du pays pour protester contre la loi.

Face à des manifestations quotidiennes et une impasse législative, le gouvernement a décidé d'utiliser une mesure spéciale pour faire adopter la loi sans vote à l'Assemblée nationale.

La droite a essayé de s'objecter avec une motion de censure, mais avec 246 votes, elle n'a pu récolter le minimum requis de 288 pour faire tomber le gouvernement.

La réforme contestée, qui prévoit de plus longues journées au travail, des mises à pied plus faciles et l'affaiblissement des syndicats, sera maintenant débattue au Sénat.

Dans son discours devant les députés, M. Valls a dit qu'il était fier de la loi parce qu'elle aiderait le progrès social et qu'il s'agissait d'une «réforme indispensable» dans un contexte de mondialisation.

Une manifestation s'est tenue pacifiquement sous la pluie à Paris, jeudi, mais la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour calmer certains manifestants agités. Des scènes similaires se sont déroulées à Marseille, sur la Méditerranée, et à Nantes, sur la côte Atlantique.

De nouvelles manifestations et des grèves organisées par les syndicats de travailleurs pour rejeter la réforme sont déjà prévues la semaine prochaine.

La réforme du travail est la plus ambitieuse que n'importe quel gouvernement français, de gauche ou de droite, ait tentée depuis des années. Elle a déclenché des manifestations quotidiennes, des régions agricoles jusqu'aux banlieues en difficulté.

Elle a déchiré les socialistes en plus d'affaiblir leurs minces chances de conserver la présidence et la majorité législative lors des élections de l'an prochain.

Les manifestants sont aussi en désaccord avec la décision du gouvernement de faire passer une loi sans vote, en utilisant plutôt un article de la Constitution française.

«Le gouvernement doit nous écouter. La démocratie doit prévaloir, à l'intérieur de notre mouvement et à l'Assemblé nationale», a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT).

La réforme du travail est relativement modeste, surtout après que le gouvernement l'eut adoucie pour respecter les demandes des syndicats.

Elle n'abolira par la semaine de travail de 35 heures, mais permettra aux entreprises de négocier des ententes allant jusqu'à 48 heures par semaine ou des quarts de travail de 12 heures. Elle changera les règles pour les mises à pied dans les entreprises afin de créer plus de flexibilité durant les ralentissements, selon des conditions qui varieront selon la taille des entreprises.

La réforme ajoute aussi quelques nouvelles protections — un «droit de déconnexion» des courriels et des téléphones intelligents négocié avec les employeurs — et une nouvelle allocation de 461 euros (677 $ CAN) pour les jeunes en recherche d'emploi.