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12/05/2016 07:18 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

RDC : l'arrêt permettant à Kabila de proroger son mandat est une "imposture" (opposition)

L'opposition en République démocratique du Congo a qualifié jeudi d'"imposture" l'arrêt de la Cour constitutionnelle autorisant le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, à rester à la tête du pays au-delà du terme de son mandat en décembre.

"L'arrêt rendu par la Cour constitutionnelle est une imposture, une modification de la Constitution dans ses dispositions verrouillées sur le nombre des mandats d'un président de la République", a déclaré à l'AFP Bruno Tshibala, porte-parole de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), la formation du vieil opposant Étienne Tshisekedi, en convalescence en Belgique.

La Cour constitutionnelle a rendu mercredi un arrêt autorisant le chef de l'État congolais à rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l'élection présidentielle, à laquelle la Constitution lui interdit de se présenter, n'est pas organisée cette année.

M. Kabila a prêté serment pour un second mandat de cinq ans le 20 décembre 2011.

"Si la présidentielle ne se tient pas dans le délai constitutionnel, le 19 décembre M. Kabila doit quitter le pouvoir", a ajouté M. Tshibala, "nous ne permettrons pas à M. Kabila d'exercer indéfiniment le pouvoir par défi", a-t-il poursuivi, faisant allusion à la crise politique née des élections décriées de 2011.

"Avec ou sans cet arrêt, [son] mandat se termine le 19 décembre conformément à la Constitution", a abondé Gabriel Kyungu, ex-allié de M. Kabila passé à l'opposition en septembre, lors d'un point presse.

Plusieurs dirigeants de la majorité réclament depuis quelques mois une "transition" de deux à quatre ans pour organiser de "bonnes élections", arguant d'obstacles logistiques et financiers à la tenue de la présidentielle dans les temps.

M. Kabila a annoncé en novembre la tenue d'un "dialogue national" en vue d'"élections apaisées" mais retardées. La majeure partie des représentants de l'opposition, qui ne cessent d'accuser depuis plus de deux ans M. Kabila de chercher à proroger son bail à la tête de l'État, refusent pour l'heure de participer à un tel forum.

Pour Henri Mova, secrétaire général du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), "la Cour [constitutionnelle] a libéré la classe politique du poids de discuter des institutions", ce qui doit permettre à cette dernière de se concentrer sur la question de l'organisation des élections.

"Nous ne recevons pas cet arrêt avec un optimisme angélique", a néanmoins déclaré M. Mova à l'AFP, jugeant que le dialogue préconisé par le chef de l'État s'annonce comme "un processus assez difficile".

"Cet arrêt est sans objet", a jugé pour sa part Vital Kamerhe, chef de l'Union pour la nation congolaise (UNC, troisième parti de l'opposition à l'Assemblée nationale), pour qui le chef de l'État sera coupable de "haute trahison" s'il se maintient au pouvoir au-delà du 19 décembre.

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