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12/05/2016 03:42 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Pour Varsovie, l'UE apporte à la Pologne la "crise" plutôt que la croissance

Le chef de la diplomatie polonaise Witold Waszczykowski a affirmé que l'intégration européenne, censée favoriser la croissance dans son pays, lui avait apporté en fait "plus de crise", dans un discours publié jeudi sur le site web de son ministère.

La première priorité de la présidence polonaise de l'UE en 2011 "était +l'intégration européenne, source de croissance+. Nous savons aujourd'hui que plus d'Europe, c'est plus de crise en Pologne", affirme M. Waszczykowski, dressant un bilan extrêmement critique de la politique du gouvernement précédent, dont le mandat a pourtant été marqué par une croissance rapide de l'économie, alimentée en bonne partie par des subventions européennes.

"La deuxième priorité, +L'Europe en sécurité+ concernait la politique énergétique (...) Aujourd'hui, nous avons non seulement (le gazoduc russo-allemand évitant la Pologne - NDLR) Nord Stream, mais bientôt on construira Nord Stream 2", a poursuivi le ministre dans ce discours destiné au Parlement.

"La troisième, +l'Europe bénéficiaire de l'ouverture+, nous en connaissons le résultat aujourd'hui: on devait développer le Partenariat oriental (rapprochant plusieurs pays d'ex-URSS de l'UE) et la politique de voisinage. Cette politique a conduit entre autres à Maïdan (révolte populaire contre le pouvoir du président pro-russe Viktor Ianoukovitch - NDLR) en Ukraine", a encore déclaré M. Waszczykowski.

La politique eurosceptique du parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir en Pologne, qui refuse notamment d'accueillir des réfugiés selon un système de quotas, a fait l'objet jeudi matin de commentaires critiques d'un think-tank mise en place par une ONG, la Fondation Batory.

"Le PiS est eurosceptique", a expliqué l'un des auteurs du rapport Piotr Buras, car il considère que l'intégration européenne "est un processus qui se termine, que c'est une utopie qui touche à sa fin".

Cette position "conduira à la marginalisation de la Pologne dans les structures du monde occidental, et surtout dans l'Union européenne", mettent en garde les auteurs du document.

Cependant, les conservateurs polonais "ne veulent pas quitter l'UE maintenant" leur politique face à l'Union est défensive et "un +Polexit+ ne fait pas partie de leur vision, ils pensent plutôt à un +Polexit par défaut+, suite à un processus de désintégration", a-t-il ajouté.

Selon un sondage récent de l'institut CBOS, 81% des Polonais appuient l'appartenance de leur pays à l'UE, mais 35% pensent qu'elle limite trop sa souveraineté.

via/bo/phv