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12/05/2016 05:39 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Pays-Bas: une journaliste logée dans un endroit secret après avoir quitté la Turquie

Une journaliste néerlandaise d'origine turque, de retour aux Pays-Bas après avoir été interpellée le 23 avril en Turquie pour avoir critiqué le président Erdogan, séjournera pour sa sécurité dans un endroit tenu secret, a-t-elle affirmé jeudi.

"Les gens continueront à me reconnaître, à m'insulter, à me menacer", a affirmé Ebru Umar au quotidien populaire De Telegraaf, après un entretien avec le parquet d'Amsterdam et le Coordinateur national pour la menace terroriste et la sécurité (NCTV).

Cette athée et féministe connue avait été interpellée dans la nuit du 23 au 24 avril chez elle à Kusadasi, petite station balnéaire à l'ouest du pays, pour avoir insulté dans un tweet le président turc Recep Tayyip Erdogan. Elle assure subir depuis lors des menaces de certains membres de la communauté turco-néerlandaise.

La journaliste, frappée d'une interdiction de voyager 17 jours durant, a été autorisée à revenir aux Pays-Bas en début de semaine.

"Je ne peux rien dire sur l'endroit où je séjournerai dans les prochains jours. Je pars vers une adresse secrète", a déclaré cette chroniqueuse de 45 ans, soulignant qu'elle ne retournerait pas pour l'instant en Turquie où elle n'est "plus en sécurité", ni à son domicile d'Amsterdam cambriolé peu après son interpellation et aujourd'hui mis en location.

Désormais, la journaliste devra signaler ses apparitions en public aux autorités: "reste à déterminer comment je serai protégée et dans quelle mesure. Je veux surtout retrouver ma vie d'avant et que ces types arrêtent de me menacer".

Maintenue seize heures en détention en Turquie, Mme Umar a dénoncé une accusation "ridicule", qualifiant son tweet de "raillerie envers les Turco-Néerlandais qui apprécient fortement Erdogan".

Ebru Umar avait récemment rédigé une chronique très critique de l'homme fort de Turquie dans le quotidien néerlandais Metro.

Les procès pour injure envers M. Erdogan se sont multipliés depuis son élection à la tête de l'Etat en août 2014, avec près de 2.000 procédures judiciaires.

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