NOUVELLES
12/05/2016 05:44 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Macédoine: législatives incertaines après le boycott de trois partis

La décision de trois des quatre principaux partis de ne pas présenter de candidats aux législatives anticipées prévues le 5 juin pour sortir la Macédoine d'une longue crise politique, rendait jeudi incertaine la tenue du scrutin.

Le premier parti d'opposition macédonien SDSM (centre gauche) avait renoncé dès avril, estimant que les conditions pour un scrutin honnête n'étaient pas réunies. Les deux principaux partis albanais, le DUI, allié du parti macédonien au pouvoir (VMRO-DPMNE, droite conservatrice), et le DPA (opposition), viennent d'adopter des positions similaires.

Seul le VMRO-DPMNE avait présenté une liste à la date butoir, mercredi à minuit (22H00 GMT).

"Nous n'allons pas soumettre de liste de candidats", a déclaré Bujar Osmani de l'Union pour l'intégration démocratique (DUI) peu avant l'expiration du délais.

Luan Tresi du Parti démocratique albanais (DPA) a également indiqué que sa formation renonçait car "le minimum de conditions pour tenir des élections crédibles" n'était pas réuni.

Les Albanais représentent environ un quart des quelque 2,1 millions d'habitants de la Macédoine.

Le décision des partis albanais de bouder le scrutin arrive après un mois de manifestations anti-gouvernementale, orchestrées par l'opposition macédonienne dans ce qu'elle a appelé sa "Révolution de couleurs", pour exiger notamment le report des législatives anticipées.

Les opposants manifestent en jetant de la peinture de diverses couleurs sur les monuments et les bâtiments officiels.

Les élections du 5 juin avaient été convoquées dans le cadre d'une accord conclu à l'été 2015 entre forces politiques macédoniennes sous l'égide de l'Union européenne pour sortir l'ex-république yougoslave d'une interminable crise politique.

Cette crise qui paralyse depuis deux ans cette république du sud des Balkans s'est brutalement envenimée le 12 avril quand le président Ivanov a blanchi par décret plus de 50 personnalités susceptibles d'être impliquées dans un scandale d'écoutes illégales et de corruption.

Comme les Etats-Unis, l'UE avait alors estimé que les conditions n'étaient pas réunies pour tenir le scrutin le 5 juin.

Bruxelles avait jugé que son maintien malgré la crise actuelle était contraire à l'accord arraché par l'UE en juillet 2015.

Johannes Haindl, un médiateur envoyé par Berlin doit tenter de trouver une issue.

Une réunion de médiation, proposée en avril par l'UE aux responsables politiques macédoniens pour trouver une issue à la crise politique dans leur pays, avait été annulée.

La Macédoine est candidate depuis 2005 à l'adhésion à l'UE et depuis 2009 à l'Otan.

rob-jmi/mat/ng/abk