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12/05/2016 04:01 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Les syndiqués des villes manifestent contre le pacte fiscal à Québec

Des milliers d'employés municipaux manifestent bruyamment jeudi devant le Centre des congrès de Québec, où quelque 1500 élus se sont donné rendez-vous à l'occasion des assises de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), où le premier ministre Philippe Couillard doit prendre la parole à 8 h 30.

Rassemblés sur le boulevard René-Lévesque, à un jet de pierre de l'Assemblée nationale, ces membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) protestent contre le pacte fiscal que le gouvernement a conclu avec les municipalités en septembre dernier.

En vertu de cette entente, les municipalités ont accepté de subir des compressions de plus de 1,2 milliard de dollars par année en échange de pouvoirs accrus dans leurs négociations avec leurs employés. Ces pouvoirs doivent être précisés dans un projet de loi que doit bientôt déposer le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.

La nature de ces pouvoirs a semé la confusion mercredi, après que le directeur adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger, eut révélé que M. Coiteux lui a donné l'assurance qu'il ne s'agira pas d'un pouvoir de décréter les conditions de travail des employés municipaux, comme l'avait fait miroiter son prédécesseur, Pierre Moreau.

Pressé de questions à ce sujet, le ministre Coiteux a refusé de confirmer que c'était bel et bien le cas. Il s'est borné à affirmer qu'il va rééquilibrer le rapport de force entre les municipalités et leurs employés dans le cadre des négociations sur les conditions de travail.

Cette confusion n'empêche pas les syndiqués de considérer que le pacte fiscal viole leurs droits, d'où leur décision de se faire entendre jeudi. Leur manifestation doit durer toute la matinée, entraînant du coup la fermeture du boulevard René-Lévesque.

« Il y a plusieurs personnes qui nous ont dit que le pouvoir de décréter c'est pratiquement impossible en vertu de toutes les lois actuellement », a affirmé le vice-président du SCFP, Patrick Gloutney. C'est pour ça que le gouvernement reste flou, parce qu'il ne sait pas comment écrire la loi. »

« D'un côté, ils savent pertinemment qu'on ne se laissera pas faire parce que, actuellement, ce qu'il faut comprendre c'est que le gouvernement s'attaque à un droit fondamental, c'est-à-dire la libre négociation et la liberté d'association », a-t-il ajouté

« D'un autre côté, on sait qu'il a promis l'an passé, par l'entremise du ministre Moreau, le fait de permettre aux municipalités de décréter les conditions de travail. »