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12/05/2016 13:50 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Les Jaguars montrent les crocs

Les Jaguars de Jacksonville ont coupé l'herbe sous le pied aux 31 autres organisations du circuit Goodell depuis l'entame de la saison morte. La cerise sur le sundae est survenue à la fin du mois d'avril au cours de la séance de repêchage.

Un texte de Félix St-Aubin

Un concours de circonstances a fait en sorte que le demi de coin Jalen Ramsey était disponible lorsque les réflecteurs se sont braqués sur les Floridiens au 5e échelon. Les Jaguars ont saisi à deux mains l'occasion qui s'est présentée à eux d'ajouter ce joyau à leur formation.

Des dépisteurs de la Ligue nationale de football (NFL) ont comparé Ramsey à son homologue Patrick Peterson, des Cardinals de l'Arizona. L'ancien membre des prestigieux Seminoles de l'Université Florida State n'a pas son égal grâce à ses aptitudes infinies.

Il pourrait d'ailleurs fort bien devenir la pierre d'assise d'une défense revampée.

Trente et un rangs plus tard, un autre athlète hors du commun était toujours libre comme l'air : Myles Jack. Dans son cas, une sérieuse blessure au genou et de possibles complications à long terme ont fait frémir les dirigeants de la NFL.

Les Jaguars ont mesuré le rapport entre le niveau de risque encouru et la possibilité que Jack atteigne son plein potentiel et ont cru bon de le sélectionner en 36e position, lui qui était pourtant vu comme l'un des cinq principaux talents bruts de l'encan.

Pour vous donner une idée des habiletés du jeune prodige, en 2013, alors qu'il venait tout juste de souffler ses 18 bougies d'anniversaire, Jack a été honoré des trophées de joueur offensif et défensif de l'année chez les joueurs recrues (freshman) dans l'association Pac-12.

L'athlète aux multiples cordes à son arc a tiré son épingle du jeu sous les couleurs des Bruins de l'Université de la Californie à Los Angeles (UCLA) non seulement en tant que secondeur, mais également à titre de demi à l'attaque. Polyvalent, vous dites?

Un bataillon transformé

Ramsey et Jack ne sont pas les seuls nouveaux venus au sein de la défense des Jaguars. Le plaqueur Malik Jackson, champion du Super Bowl avec les Broncos de Denver, s'amène sur la côte est américaine avec une aura de vainqueur.

Disons-le franchement, ceci ne fera certainement pas de tort si l'on considère les déboires de l'organisation depuis belle lurette.

Les demis défensifs Tashaun Gipson et Prince Amukamara, anciennement des Browns de Cleveland et des Giants de New York, se sont aussi greffés au noyau floridien.

Et c'est sans oublier le retour au jeu de l'ailier Dante Fowler fils, troisième joueur appelé au repêchage 2015, qui n'a pas disputé une seule rencontre l'année dernière en raison d'une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche subie durant le minicamp.

L'entraîneur-chef Gus Bradley, un gourou de la défense, a clairement élaboré son plan d'action afin de sortir les Jaguars de l'ombre.

Le pilote de 49 ans aspire à rééditer les exploits qu'il avait réalisés à Seattle lors de ses deux dernières campagnes à titre de coordonnateur, en 2011 et 2012.

Façonnée et menée de main de maître par Bradley, l'unité des Seahawks s'était hissée parmi la crème du circuit Goodell.

En fait, c'est cet homme qui a érigé les fondations de ce qui est devenu la force de frappe de cette équipe. Les deux présences consécutives à la grande messe du football américain, dont la conquête de 2014, n'auraient jamais été rendues possibles sans Bradley.

L'éclosion de Bortles

Lentement mais sûrement, l'état-major des Jaguars a mis sur pied une attaque qui est sur le point d'exploser. Et ladite détonation pourrait fort bien se produire dans quelques mois.

Sans faire de bruit, Blake Bortles a rejoint ses équipiers dans la zone des buts à 35 occasions. Un seul quart-arrière l'a surpassé à ce chapitre : le vénérable Tom Brady (36).

Outre ses 35 relais payants, le joueur de deuxième année a amassé pas moins de 4428 verges par la voie aérienne, ce qui lui a conféré le 7e rang.

Et Bortles fait partie de la nouvelle génération de pivots qui sont en mesure de sortir de la pochette protectrice et de parcourir du terrain avec leurs jambes. Une aptitude non négligeable.

Comme bon nombre de jeunes quarts, l'imprécision, qui a naturellement coûté quelques revirements, a été son talon d'Achille depuis le début de sa carrière professionnelle. Cette variable fera foi de tout en 2016.

Bortles peut compter sur un tandem de receveurs éloignés qui produit à un rythme effréné.

Allen Robinson et Allen Hurns ont respectivement enregistré 14 et 10 majeurs l'année dernière. Seuls Brandon Marshall et Eric Decker, des Jets de New York, et leurs 26 touchés en ont engrangé davantage.

Si l'on ajoute l'ailier rapproché Julius Thomas à l'équation, on se retrouve avec un trio qui peut tailler en pièces une multitude de défenses de la NFL.

Ivory en renfort

Dans l'optique d'enlever un peu de pression sur les épaules de Bortles et que l'attaque ne passe pas uniquement par son bras, les Jaguars ont eu la brillante idée d'ajouter un demi - et non le moindre - à la formation.

Chris Ivory est ainsi débarqué à Jacksonville afin de prêter main-forte à T.J. Yeldon, un porteur de ballon vert qui n'est possiblement pas encore prêt à assumer un rôle accru dans le champ arrière.

Ivory, qui possède six années d'expérience dans la NFL, endossera le statut de mentor auprès de Yeldon.

Le partage des portées entre ces deux hommes ne peut qu'être bénéfique pour l'unité offensive.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les Floridiens disposent d'un arsenal de joueurs de valeur des deux côtés du ballon et qui évoluent à des positions névralgiques.

Le temps où Jacksonville végétait dans les bas-fonds du classement est révolu. Longtemps considérés comme le petit poucet de la Division sud de l'Américaine, les Jaguars convoitent désormais le sommet de leur section.