NOUVELLES
12/05/2016 09:11 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

La pollution atmosphérique menace des millions de personnes, selont l'ONU

GENÈVE, Suisse — Pratiquement tous les habitants des grandes villes des pays pauvres ou à revenu intermédiaire sont exposés à des niveaux excessifs de pollution atmosphérique, un problème grandissant qui tue plus de trois millions de personnes par année et «a des effets dévastateurs sur la santé humaine», a prévenu jeudi l'Organisation mondiale de la Santé.

L'agence onusienne de la santé a expliqué que plus de quatre citadins sur cinq habitent une ville dont la qualité de l'air ne respecte par les normes de l'OMS — 98 pour cent dans les pays pauvres et 56 pour cent dans les pays plus riches.

L'OMS affirme que la pollution atmosphérique — qui est constituée de fortes concentrations de particules fines — représente la pire menace environnementale à la santé et est responsable de trois millions de décès prématurés chaque année.

Ces conclusions découlent de la troisième enquête menée par l'OMS sur la qualité de l'air dans quelque 3000 villes et villages de 103 pays. Elles se basent sur des chiffres fournis par les pays ou colligés ailleurs entre 2008 et 2013, même si certains pays ne collaborent pas à l'enquête.

Un communiqué publié en même temps que l'étude révèle que les niveaux de pollution atmosphérique mondiale ont augmenté de 8 pour cent pendant cette période, «en dépit d'améliorations dans certaines régions», et rappelle qu'une détérioration de la qualité de l'air entraîne une hausse du risque d'accident vasculaire cérébral, de maladie cardiaque, de cancer du poumon et de troubles respiratoires.

«La pollution atmosphérique est une cause majeure de morbidité et de mortalité. C’est une bonne nouvelle que davantage de villes fassent des efforts afin de surveiller la qualité de l'air, a expliqué le docteur Flavia Bustreo, Sous-Directeur général, Santé de la famille, de la femme et de l’enfant. Lorsque l’air pollué enveloppe nos villes, les populations urbaines les plus vulnérables – les plus jeunes, les plus vieux et les plus pauvres – sont les plus touchés.»

«La pollution atmosphérique en milieu urbain continue de progresser à un rythme alarmant, avec des effets dévastateurs pour la santé humaine, a déclaré la docteure Maria Neira, la directrice du département OMS Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Dans le même temps, la sensibilisation gagne du terrain et les villes sont plus nombreuses à surveiller la qualité de leur air. Lorsque la qualité de l’air s’améliore, les maladies respiratoires et cardiovasculaires connexes reculent à l’échelle mondiale.»

La base de données de l’OMS sur la qualité de l’air en milieu urbain identifie la ville iranienne de Zabol comme celle où on retrouve la plus forte concentration annuelle moyenne de particules fines MP2.5 — des particules si petites qu'elles peuvent se loger au plus creux des poumons et du système cardiovasculaire, et donc causer des problèmes de santé chroniques. Au même titre, on retrouve en Inde plus de la moitié des 21 villes les plus polluées de la liste de l'OMS.

New Delhi, qui arrivait précédemment en première place, glisse au 11e rang. La capitale indienne a réussi à abaisser sa concentration annuelle moyenne de particules d'environ 20 pour cent entre 2014 et 2015. Cette amélioration coïncide avec différentes mesures, comme l'imposition d'amendes sévères aux firmes de construction polluantes, la fermeture d'une centrale énergétique au charbon désuète et l'interdiction aux voitures et camions âgés d'entrer dans la ville.

Un militant indien a expliqué que l'exemple de Delhi démontre bien qu'il est possible de renverser la tendance en adoptant les mesures appropriées.

Quatre autres villes indiennes — Gwalior, Allahabad, Patna et Raipur — ont devancé New Delhi et occupent les deuxième, troisième, sixième et septième rangs.

La ville européenne offre la moins bonne qualité d'air est celle de Tuzla, en Bosnie. La ville californienne de Visalia-Porterville obtient la moins bonne note aux États-Unis. Paris prend le 1116e rang mondial, Londres le 1389e et la région de New York le 2369e. C'est à Sinclair, dans le Wyoming, qu'on retrouve l'air le plus sain.

Parmi les villes faisant l’objet d’une surveillance, plus de la moitié dans les pays à revenu élevé et plus du tiers dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont réduit leurs niveaux de pollution atmosphérique de plus de 5 pour cent en cinq ans.