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12/05/2016 02:31 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Illusoire de croire le Royaume-Uni serait plus influent en cas de sortie de l'UE (Sapin)

Le ministre français des Finances Michel Sapin a déclaré jeudi à Londres qu'il était illusoire de croire que le Royaume-Uni aurait plus d'influence sur l'Europe s'il décide de quitter l'Union européenne lors du référendum du 23 juin.

"Je ne vois pas comment les liens entre le Royaume-Uni et l'UE pourraient être plus profonds, plus fructueux, plus confiants après un vote de sortie de l'Union européenne", a déclaré M. Sapin à la presse avant une rencontre avec son homologue britannique George Osborne.

"Je vois bien comment les renforcer, les améliorer les rendre plus efficaces dans l'UE. Mais c'est une illusion de croire qu'il pourrait y avoir plus d'influence de la Grande-Bretagne sur l'Europe en étant hors de l'UE", a-t-il dit ajoutant que "c'est un choix qui n'aura pas de conséquence positive de ce point de vue là".

Selon lui, si les Britanniques "choisissaient de ne plus appartenir à l'UE, ce serait un choc pour l'Europe et l'économie européenne (qui est en train) de reprendre des couleurs, de retrouver de la croissance et a besoin d'en reprendre encore plus".

Mais cela contribuera aussi à rapprocher davantage les pays de la zone euro, a-t-il estimé, soulignant qu'"au lendemain du vote, il y aura une initiative forte de l'Europe pour montrer que nous bougeons, que nous avançons vite".

"Nous ressentons une nécessité d'une plus grande convergence de nos économies", a-t-il dit. Une convergence qui ne "sera pas traitée de la même manière suivant que la Grande-Bretagne a choisi de rester dans l'UE ou a choisi d'en partir".

Concernant les conséquences pour la City de Londres en cas de sortie, M. Sapin a estimé que c'est "une puissance financière considérable, qui ne va pas comme ça voir transformer violemment tous les éléments qui font aujourd'hui sa force et sa qualité".

"Mais je ne pense pas que ce soit sans effet. Je ne parlerais pas de tapis rouge et dans quel sens le tapis rouge se déploie", a-t-il ajouté, soulignant que les banques françaises "qui sont très présentes à Londres" envisagent de ne plus y garder certaines activités.

Par ailleurs, le ministre français, à Londres pour assister au sommet anti-corruption organisé par le Premier ministre britannique David Cameron, a jugé que cette réunion internationale était "une bonne chose".

"C'est un accélérateur, un moteur pour la coopération internationale", a-t-il dit.

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