DIVERTISSEMENT
12/05/2016 03:28 EDT | Actualisé 12/05/2016 03:35 EDT

Geneviève Schmidt entre le drame d'«Unité 9» et la comédie sentimentale du Rideau Vert (ENTREVUE/PHOTOS)

François Laplante-Delagrave

Quelques mois après avoir livré l’une des scènes les plus marquantes de la saison télévisuelle avec Julien Poulin dans Unité 9, l’interprète de Jessica s’apprête à reprendre le tournage du téléroman, la même semaine que la première de Je préfère qu’on reste amis, une comédie sentimentale présentée au Rideau Vert.

Après avoir lu les textes des 12 premiers épisodes de la prochaine saison d’Unité 9, Geneviève Schmidt se garde bien de révéler un punch, mais raconte que Jessica veut et va s’en sortir. « La saison dernière, les retrouvailles avec son père (Poulin) ont déclenché quelque chose en elle qui la pousse à affronter ses démons, au lieu de les fuir et de vouloir disparaître constamment. »

L’interprète affirme que les téléspectateurs vont découvrir une fille rieuse et plus positive. « Elle va se lier d’amitié avec d’autres personnages et faire en sorte de se rapprocher de sa famille. Avant le drame qu’elle a vécu, il n’y avait pas de froid entre eux. Elle se dit que tout est de sa faute et se culpabilise beaucoup sur l’éclatement familial. Mais elle va tenter de recoller les pots cassés. »

Désormais connue du grand public pour l’étendue de son registre dramatique et comique, celle qu’on a pu voir dans Les Beaux Malaises (l’enseignante) répète ces jours-ci Je préfère qu’on reste amis, une pièce qui a cartonné en France. On y retrouve Claudine et Jean-Dimitri, deux amis qui se voient chaque semaine pour prendre un coup, discuter et rien faire ensemble. Le hic: la demoiselle est en amour avec lui depuis le premier jour.

«Il n’est pas du tout dans la séduction avec elle. Ça lui fait du bien d’être lui-même avec une vraie chum de fille. Comme il est beau gosse et courailleux, il profite des moments où il se retrouve avec Claudine sans artifice et sans malaise. De son côté, elle a essayé de taire ses sentiments, mais ils ne font que s’amplifier. Après cinq ans, elle décide de tout dévoiler. Évidemment, tout ne se passera pas comme elle l’imaginait…»

Et pourquoi avoir gardé le secret si longtemps? «C’est une fille ronde plus ou moins belle qui manque de confiance en elle. Je la trouve touchante à voir. Je pense que beaucoup de filles, et certains hommes, vont se reconnaître en elle, dans son impression de n’être jamais assez jolie ni assez parfaite. C’est rare qu’on aborde ces sentiments au théâtre. Même si la pièce fait énormément sourire et qu’il y a plusieurs punchs très drôles, il y a quelque chose de plus sensible et de plus humain.»

Galerie photo«Je préfère qu’on reste amis» au Théâtre du Rideau Vert Voyez les images


Cet équilibre entre le drame et la comédie fait du texte écrit par Laurent Ruquier le projet le plus difficile auquel Schmidt ait participé. «Quand on joue la comédie, le drame ou l’absurde, la ligne directrice est claire. Mais la comédie sentimentale est plus lousse. On varie entre les nuances du cute, du léger et de la profondeur comme on le voit peu souvent au théâtre. Il faut que tout se tienne.»

Pour ce faire, la metteure en scène Denise Filiatrault insiste sur la quotidienneté du jeu des comédiens. «On doit en quelque sorte aller à l’encontre des postures et de certains codes associés au théâtre. Il faut jouer avec le plus de sincérité et de réalisme possible. Comme on est seulement deux sur scène pendant 90 minutes, c’est important d’y aller avec son cœur et que la chimie prenne.»

Jusqu’à présent, la magie semble opérer avec son partenaire de scène Patrick Hivon. «Denise a bien visé en nous réunissant. Patrick est un acteur sensible, terre à terre et pas compliqué. Je suis très avec l’aise avec lui. C’est vraiment un bon match!»

Les prochaines semaines seront particulièrement chargées pour l’actrice avec les longs tournages d’Unité 9 et les spectacles en soirée. «Je ne suis pas très à l’aise avec ce genre d’horaire, mais je commence à m’habituer. L’automne dernier, je tournais de 6 heures le matin à 6 heures le soir et j’avais des shows ensuite. Ça prend une grande concentration. Spécialement avec la pièce au Rideau Vert qui me demande d’être une heure et demie sur scène. Quand je regarde ça, je me dis toujours que je ne serai pas capable, mais je me surprends toujours. »

Il faut dire que la comédienne ne chômera pas non plus durant le reste de l’année. En plus de tenir un rôle épisodique dans Lâcher prise, la nouvelle télésérie d’Isabelle Langlois (Rumeurs, Mauvais Karma), elle jouera cet automne dans Dimanche Napalm au Théâtre d’Aujourd’hui, aux côtés de Sylvie Léonard et Henri Chassé.

«Je m’étais dit que je ne voulais pas faire de théâtre pendant le reste des tournages, mais quand Sébastien David m’a fait lire son texte, j’ai compris que je ne pouvais pas refuser! Sa pièce est une série de 50 monologues où les membres d’une famille s’expriment avec émotion, humour, absurdité et onirisme sur ce qu’ils vivent, après le drame qui a touché le fils.»

Elle fera également partie de la distribution de Huit à la Cinquième Salle de la PDA et au Studio du CNA d’Ottawa à l’hiver 2017. Ce sera pour elle l’occasion de retrouver Julie Le Breton et Kathleen Fortin, avec qui elle avait joué dans Cinq à sept sous la direction de Many Soleymanlou, quelques mois après qu’il ait dirigé Éric Bruneau, Guillaume Cyr et Jean-Moïse Martin dans Quatre. Tout ce beau monde sera réuni, avec Emmanuel Schwartz, dans une pièce sur la trentaine, les excès, l’identité des genres, le rapport au corps et la parentalité.

La pièce Je préfère qu’on reste amis sera présentée au Rideau Vert du 17 mai au 11 juin 2016. Cliquez ici pour plus de détails.