NOUVELLES
12/05/2016 08:52 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

GB: Cameron s'excuse d'avoir accusé un imam de soutenir le groupe EI

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est excusé jeudi d'avoir accusé à tort un imam londonien de soutenir l'organisation Etat islamique (EI) dans le cadre de la campagne électorale à la mairie de Londres remportée par Sadiq Khan.

Lors d'une séance de questions au Parlement particulièrement animée fin avril, M. Cameron avait accusé Sadiq Khan, élu depuis maire de Londres, d'avoir partagé des tribunes avec des islamistes, dont, selon lui, l'imam Sulaiman Ghani.

"Sulaiman Ghani, M. Khan a partagé des tribunes avec lui neuf fois. Cet homme soutient l'EI", avait dit M. Cameron. Des propos qu'il regrette désormais dans son message au Parlement.

Mercredi dernier, à la veille des élections, il avait à nouveau déclaré: "Il a partagé une tribune avec des personnes qui veulent un état islamique".

"Je faisais référence à des articles selon lesquels M. Ghani soutenait un état islamique. Je veux être clair: cela ne veut pas dire que M. Ghani soutient l'organisation Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique, ndlr) et je m'excuse auprès de lui pour ce malentendu", a écrit le Premier ministre aux députés.

Suite aux accusations portées par M. Cameron, l'imam Ghani a reçu des insultes et des menaces de mort, a déclaré le secrétaire général du Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB), Shuja Shafi.

"L'imam Ghani a été la victime collatérale d'attaques islamophobes visant celui qui est désormais maire de Londres. Le Parti conservateur doit aussi présenter des excuses", a ajouté M. Shafi.

La campagne électorale londonienne a été marquée par des attaques personnelles et venimeuses contre Sadiq Khan de la part du candidat conservateur Zac Goldsmith et du Parti conservateur dans son ensemble, visant sa religion musulmane. Une stratégie qui a été vivement critiquée dans la presse et par des élus y compris dans les rangs conservateurs.

M. Khan a finalement été élu avec 57% des suffrages.

M. Ghani, qui avait immédiatement rejeté les accusations de M. Cameron, envisage désormais des poursuites judiciaires, qui ne pourront toutefois pas concerner le Premier ministre car ce dernier bénéficie de l'immunité pour les propos tenus devant le Parlement.

En revanche, ces propos ont été relayés hors Parlement, à la radio, notamment par son ministre de la Défense Michael Fallon. Ce dernier a également présenté ses excuses à M. Ghani.

oaa/eg/gl