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12/05/2016 01:08 EDT | Actualisé 12/05/2016 04:04 EDT

Chevrette, négociateur pour les chauffeurs de taxi, crie victoire sur Uber (VIDÉO)

« C'est une victoire pour notre société de droits, pour la société québécoise et les Québécois en général », a déclaré d'entrée de jeu Guy Chevrette, négociateur pour l'industrie du taxi, lors d'une conférence de presse suivant le dépôt du projet de loi de Jacques Daoust modifiant l'encadrement de l'industrie.

Le projet de loi du ministre des Transports forcera les chauffeurs d'Uber à acheter ou à louer des permis de taxi pour effectuer des courses rémunérées pour des clients.

Les chauffeurs d'Uber seront ainsi assujettis au même régime juridique que celui des chauffeurs de taxi. La société américaine a menacé de quitter le Québec si le gouvernement adoptait une loi imposant des permis à ses chauffeurs.

De dire Guy Chevrette : « On voulait absolument avoir une loi avec des dents qui suspende les permis de conduire des complices d'UberX. On voulait des amendes plus fortes également pour les représentants d'UberX et on retrouve ça dans la loi ».

M. Chevrette tire aussi satisfaction du fait que les 22 000 emplois que représente l'industrie soient protégés par le projet de loi.

500 millions de revenus annuels, c'est de l'argent, c'est une industrie pis tu lâches pas la sécurité des gens qui ont chèrement payé leur droit à cet emploi-là.

- Guy Chevrette, négociateur pour l'industrie du taxi au Québec

Guy Chevrette a décrit les dernières deux années comme ayant été « très difficiles » : « Jamais on a vu une compagnie étrangère aussi désinvolte, aussi arrogante, se ficher de tous les ministres, se ficher de l'Assemblée nationale et semer la discorde au sein de la population ».

On est satisfaits du projet de loi. C'est sûr qu'on va participer à la commission parlementaire pour peut-être bonifier des amendements si on a besoin.

- Georges Tannous, président du comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi

«Le projet de loi ne va pas assez loin»

Du côté de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, on exprime des bémols. Certes, le projet de loi régularise la situation, dit-on mais il ne favorise pas la concurrence.

Dans un contexte où on assiste à l'émergence de nouveaux modèles d'affaire, il faudrait « éliminer les diverses interprétations sur ce qui constitue le transport rémunéré de personnes », écrit dans un communiqué le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

M. Leblanc déplore que le projet de loi n'offre pas de solution pour sortir du système de quotas en vigueur, qui est « le grand responsable de l'inertie qui a caractérisé l'industrie du taxi, entraîné des frustrations chez les usagers et engendré une hausse démesurée de la valeur des permis ».

« Le projet de loi devrait comporter explicitement des mesures pour racheter les permis en vigueur ou à l'inverse, permettre l'émission d'un nombre élevé de nouveaux permis répondant aux réalités des nouveaux modèles d'affaires », écrit la Chambre dans son communiqué.

NOTE: La rédactrice en chef du Huffington Post, Arianna Huffington, est membre du c.a. de Uber et s’est retirée de toute décision éditoriale impliquant la couverture de cette entreprise, de l’industrie du taxi ou de l’autopartage.

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