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12/05/2016 08:31 EDT

Le cauchemar d'une septuagénaire qui a dû rentrer chez elle seule après une visite à l'urgence

Radio-Canada

Les professionnels de la santé ont-ils l'obligation de s'assurer que les patients retournés à la maison sont en état de le faire?

L'histoire de Martine Vaugien soulève bien des questions, alors que la dame âgée a dû rentrer chez elle seule, à pied, en pleine nuit lundi après une visite à l'urgence de l'hôpital de Hull.

Incapable d'ouvrir la porte coincée de sa résidence, c'est une voisine qui l'a retrouvée frigorifiée sur son perron le lendemain matin.

Arrivée en ambulance

Mme Vaugien reconnaît les symptômes d'une crise d'épilepsie dimanche soir et se rend à l'hôpital de Hull en ambulance.

Elle raconte avoir été vue par une médecin qui pose un diagnostic plutôt positif.

«Elle me dit qu'au niveau des pupilles je suis très bien, que je suis tout à fait lucide et que je réfléchis assez rapidement», relate-t-elle.

Mais sans signifier, selon elle, que son congé de l'hôpital est accordé.

«On n'a jamais discuté de ça», dit-elle.

Sans confirmation d'autres membres du personnel, Mme Vaugien décide de quitter l'hôpital vers 4 heures du matin.

Repartie par ses propres moyens

Sans argent pour un taxi, elle rentre à pied dans le quartier Val-Tétreault, une distance de 5 à 6 km au bout de laquelle elle tombe d'épuisement.

C'est sa voisine, Frédérique Marais, qui la découvre.

«J'ai vu qu'elle était assise toute seule dehors. Elle est souvent assise dehors, mais elle ne m'a pas fait de sourire comme d'habitude. Après l'avoir vue partir en ambulance la veille, je suis allée la voir et c'est là qu'elle m'a dit qu'elle était là depuis plusieurs heures. Elle avait froid, elle tremblait.» - Frédérique Marais

Vu ses antécédents d'épilepsie, est-ce que l'hôpital aurait pu faciliter son transport ou même la garder en observation?

Le CISSS de l'Outaouais se dit désolé de la situation, mais sa porte-parole rappelle que les règles du ministère de la Santé sont strictes.

«C'est évident qu'on est désolés que madame se soit retrouvée dans une situation comme celle-là. Mais les directives ministérielles sont claires, c'est aux usagers de s'assurer d'avoir un moyen de transport. Sauf bien sûr s'il y a une condition médicale particulière qui exige des soins», précise Geneviève Côté.

Le regroupement des comités des usagers estime ce cas déplorable. On se demande si le CISSS de l'Outaouais a suivi toutes les modalités de congé de l'hôpital, notamment en ce qui a trait à une patiente vulnérable.

Le CISSS rappelle qu'il incombe aux patients de faire la démonstration qu'ils sont incapables de rentrer chez eux.

D'après le reportage du journaliste Michel-Denis Potvin