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12/05/2016 02:01 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Brésil: les 10 dates clés de la crise politique brésilienne

Les 10 dates clés de la crise politico-judiciaire brésilienne qui a conduit jeudi le Sénat à suspendre de ses fonctions la présidente de gauche Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics.

- 4 mars -

L'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), fondateur du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir et mentor politique de la présidente Dilma Rousseff, est brièvement interpellé et interrogé par la police dans le cadre de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras.

- 13 mars -

Trois millions de Brésiliens défilent dans tout le pays aux cris de "Dilma dehors!" lors de manifestations d'ampleur historique soutenues par l'opposition de droite.

- 16 mars -

Lula est nommé chef de cabinet (quasi Premier ministre) de Dilma Rousseff. Le soir-même, le juge Sergio Moro divulgue l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre la présidente et Lula suggérant que la nomination de ce dernier a bien pour objectif de le protéger d'une possible mise en détention. Sa nomination sera paralysée le jour même par la justice.

- 29 mars -

Le PMDB (centre), poussé par son dirigeant, le vice-président de la République Michel Temer, claque la porte de la coalition de Dilma Rousseff.

- 17 avril -

Les députés approuvent la procédure de destitution de Mme Rousseff à une écrasante majorité de 367 voix contre 137, et son renvoi au Sénat, lors d'une séance très houleuse.

- 3 mai -

Le procureur demande au Tribunal suprême fédéral (STF) l'autorisation d'enquêter, dans le cadre du scandale Petrobras, sur Lula, trois ministres proches de Dilma Rousseff et 27 autres personnes dont des personnalités du parti PMDB du vice-président Temer.

L'ouverture d'une enquête contre Dilma Rousseff pour obstruction à la justice est également demandée par le procureur.

- 5 mai -

Le Tribunal suprême suspend le controversé président du Congrès des députés Eduardo Cunha (PMDB), stratège de la procédure de destitution de Dilma Rousseff, pour entrave aux enquêtes pour corruption le visant dans le scandale Petrobras. Une première dans l'histoire du Brésil.

M. Cunha est remplacé par le vice-président de la chambre Waldir Maranhao (PP, droite).

- 9 mai -

Coup de théâtre: M. Maranhao, lui-même soupçonné de corruption, annule à la surprise générale le vote des députés ayant approuvé la procédure d'impeachment de la présidente.

Le président du Sénat Renan Calheiros (PMDB) ignore cette décision "intempestive" et décide d'aller de l'avant.

Tard dans la nuit, M. Maranhao, sous pression, annule sa propre annulation de la procédure d'impeachment, sans fournir d'explications.

- 10 mai -

L'avocat de Mme Rousseff saisit le Tribunal suprême pour lui demander d'annuler la procédure de destitution à la veille du vote couperet des sénateurs.

"Le dernier jour de mon mandat est le 31 décembre 2018", déclare Mme Rousseff, qui promet de "lutter par tous les moyens légaux et de combat" contre ce qu'elle qualifie de "coup d'Etat" institutionnel.

- 12 mai

Dilma Rousseff est suspendue de ses fonctions par le Sénat, qui va la soumettre à un procès en destitution pour maquillages des comptes publics.

Un total de 55 sénateurs sur 81 ont voté la mise en accusation de l'impopulaire dirigeante de gauche, remplacée par son vice-président Michel Temer, en attendant le jugement final des sénateurs d'ici 6 mois.

Le même jour, le Tribunal suprême autorise l'enquête pour corruption contre le leader de l'opposition Aecio Neves.

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