NOUVELLES
12/05/2016 08:51 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Brésil: Henrique Meirelles, un analgésique pour les marchés

Il avait tranquillisé les marchés pendant le gouvernement Lula, il les enthousiasme maintenant avec Michel Temer: l'orthodoxe Henrique Meirelles deviendra jeudi ministre de l'Economie du gouvernement brésilien par intérim, dans une période particulièrement difficile pour l'économie du pays.

Ex-président de la BankBoston Mondiale (1996-99) entre autres, et pendant huit ans à la tête de la Banque Centrale du Brésil, cet ingénieur et gestionnaire de 70 ans a acquis une expérience politique et une capacité technique qui le rendent apte à affronter l'ouragan qui secoue la première économie d'Amérique Latine.

Le Brésil est plongé dans une récession qui a fait reculer la croissance de 3,8% en 2015, son pire résultat en 25 ans, et cette année un recul du PIB du même ordre est attendu, puis une stagnation en 2017: il s'agirait alors du plus long épisode de récession du pays en un siècle.

De plus, l'inflation frôle les 10% et le chômage est de près de 11%.

La priorité de M. Meirelles sera de faire voter l'ajustement budgétaire que le gouvernement de Mme Rousseff avait tenté de mettre en place mais et qui se heurtait à un Parlement rebelle.

Ce dernier a finit par la suspendre temporairement du pouvoir pour maquillage des comptes publics, la remplaçant par son vice-président Michel Temer en attendant une décision finale des sénateurs, sans doute en septembre.

Mais il ne lui sera pas aisé de faire adopter les mesures impopulaires qui devront être prises, selon les experts: un plafond pour les dépenses publiques, une réforme du systèmes des retraites et une rationalisation des allégements fiscaux.

Ce n'est pas la première fois que M. Meirelles arrive à la rescousse du gouvernement pour rassurer les marchés.

Cela fut déjà la cas en 2002, quand l'arrivée au pouvoir de l'ancien ouvrier tourneur et syndicaliste, Luiz Inacio Lula da Silva, avait provoqué la panique des marchés et la méfiance des investisseurs.

- Totale orthodoxie -

Quand le conservateur Meirelles, qui jusqu'à jeudi dirigeait le Banco Original du Brésil, a pris la tête de la Banque centrale sous Lula pour calmer les marchés, il l'a conduite avec une totale orthodoxie.

L'inflation avait reculé de 12,53% en 2002 a 3,14% en 2006, la seule fois où elle s'est établie sous l'objectif fixé à 4,5% par le gouvernement.

Et le Brésil a vécu au cours de ces années-là l'un de ses plus glorieux moments économiques, interrompu uniquement par la crise de 2008.

Lors de sa nomination à la Banque centrale, M. Meirelles venait tout juste d'être élu à la Chambre des députés pour l'Etat de Goias (centre-ouest), affirmant renoncer alors à sa "petite carrière politique".

Il était alors membre du parti de la sociale-démocratie brésilienne (PSDB) qu'il a ensuite quitté pour intégrer le grand parti centriste PMDB de Michel Temer.

Il est considéré comme un bourreau de travail, ne dormant que cinq heures par jours. Il s'est marié à 55 ans avec une médecin allemande qui a passé son adolescence au Brésil.

S'il n'avait plus de fonctions au sein de l'exécutif, il avait gardé une relation de proximité avec l'ancien président Lula qui aurait souhaité qu'il soit le vice-président de Mme Rousseff.

Mais le manque d'affinités de cette dernière avec M. Meirelles lui avait fait rejeter cette option. Elle l'avait aussi refusé comme président de la Banque centrale.

Elle a choisi M. Temer qui, ironie du sort, prend son fauteuil jeudi et fait appel à M. Meirelles pour redresser le cap de l'économie.

jt/cdo/ka/ger