NOUVELLES
12/05/2016 08:59 EDT | Actualisé 13/05/2017 01:12 EDT

Arrestation pour "terrorisme" de quatre Tatars de Crimée

Quatre Tatars de Crimée, dont la communauté s'oppose à l'annexion par Moscou de cette péninsule ukrainienne, ont été arrêtés jeudi par les autorités russes qui les soupçonnent d'appartenir à une "organisation terroriste".

Les services russes de sécurité (FSB) ont arrêté trois membres et l'organisateur d'une section locale du groupe Hizb ut-Tahrir, a annoncé sur le réseau social Facebook la procureure de Crimée, Natalia Poklonskaïa.

Une enquête a été ouverte concernant l'implication de ces quatre hommes au sein d'une "organisation terroriste", a-t-elle ajouté.

La procureure a aussi accusé ce groupe islamiste, interdit en Russie depuis 2003, de "mener des activités anticonstitutionnelles en diffusant de la propagande auprès du public".

L'organisateur présumé risque jusqu'à 20 ans de prison et les trois autres suspects jusqu'à 10 ans de prison en application de la loi russe.

Le FSB a également convoqué un député du Medjlis, l'assemblée des Tatars de Crimée, Ilmi Oumerov, pour avoir "appelé publiquement à briser l'unité territoriale de la Russie", selon Mme Poklonskaïa.

Parallèlement, des dizaines de policiers armés ont perquisitionné jeudi dans cinq maisons et un café à Bakhtchissaraï, la capitale des Tatars de Crimée, a déclaré à l'AFP l'avocat Emil Kourbedinov, spécialisé dans la défense des droits de l'Homme.

"14 personnes ont déjà été arrêtées pour avoir organisé le groupe Hizb ut-Tahrir ou y avoir participé", a dénoncé M. Kourbedinov. "Je considère cela comme une véritable répression".

Ce groupe, qui se dit non-violent et affirme vouloir atteindre ses objectifs par des moyens pacifiques, cherche à rétablir un califat dans les régions musulmanes de Russie et dans les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale.

Les Tatars de Crimée, une communauté musulmane autochtone, s'opposent aux autorités russes depuis l'annexion de cette presqu'île en mars 2014 et subissent une forte pression de leur part.

Le Medjlis, qui représente les Tatars de Crimée, soit 12 à 15% de la population de la péninsule, a été qualifié fin avril d'"organisation extrémiste" par la justice russe.

Cette décision a provoqué de vives inquiétudes à Kiev et chez les Occidentaux quant au sort de la communauté.

str-all/kat/bds

FACEBOOK