POLITIQUE
08/05/2016 10:33 EDT | Actualisé 09/05/2016 03:35 EDT

Véronique Hivon se lance officiellement dans la course à la chefferie du PQ (VIDÉO)

La députée de Joliette Véronique Hivon a été cet après-midi la première à se lancer officiellement dans la course à la succession de Pierre Karl Péladeau.

L'avocate de 46 ans l'a confirmée lors d'une conférence de presse au parc Lajoie de Joliette. « Faisons-nous confiance » est son slogan de campagne.

Députée de Joliette depuis décembre 2008 et ministre déléguée aux services sociaux dans le gouvernement de Pauline Marois, Mme Hivon s'est essentiellement fait remarquer pour avoir piloté le délicat projet de loi sur les soins de fin de vie.

Elle n'avait pas réussi à le faire adopter avant que les élections du printemps 2014 ne soient déclenchées, mais le ministre de la Santé Gaétan Barrette a reconnu son travail en le reprenant au compte de son gouvernement. Mme Hivon a néanmoins été reconnue coauteure du projet de loi.

Mme Hivon a déjà obtenu l'appui de 4 des 29 députés du Parti québécois à l'Assemblée nationale, soit Claude Cousineau (Bertrand), André Villeneuve (Berthier), Carole Poirier (Hochelaga-Maisonneuve) et Sylvain Pagé (Labelle).

Elle a aussi reçu l'appui de l'ex-présidente et ex-chef intérimaire d'Option nationale. Nathaly Dufour indiquait qu'elle et possiblement d'autres militants du parti souverainiste se réinscriraient au PQ si Mme Hivon plongeait.

Sous Pierre Karl Péladeau, Mme Hivon était responsable du dossier de la convergence des forces souverainistes, visant à trouver un terrain d'entente avec Option nationale et Québec solidaire.

Martine Ouellet fera une annonce dans les « prochains jours »

La députée de Vachon, Martine Ouellet, qui ne cache pas son intérêt pour la course, a présenté un plan de développement économique, notamment axé sur l'électrification des transports, lors d'une conférence de presse à la Maison du développement durable, lundi, à Montréal. Cette annonce était prévue avant que Pierre Karl Péladeau n'annonce son départ.

Pressée de questions sur son éventuelle candidature à l'issue du point de presse, elle a a admis qu'elle ferait une annonce « dans les prochains jours ».

Pendant sa présentation, elle n'y a pas ouvertement fait allusion. Le document, intitulé Climat 2030, est cependant sur le site de la députée et non sur celui du Parti québécois. C'est d'ailleurs à titre de députée qu'elle a présenté son plan, bien qu'elle soit porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports et d'électrification des transports. Elle était en outre entourée de quelques personnalités de divers horizons, dont l'ex-candidat bloquiste Denis Trudel, qui ont vanté ce projet de 15 milliards de dollars qui permettrait, selon Mme Ouellet, de créer 350 000 emplois.

Elle a mis de l'avant son expérience de gestionnaire chez Hydro-Québec. Ingénieure mécanique de formation et titulaire d'une maîtrise en administration des affaires, la femme de 47 ans a été cadre à Hydro-Québec avant de se lancer en politique, en 2010.

Celle qui a été ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Marois avait terminé au troisième et dernier rang lors de la course de l'an dernier, avec 13,3 % des suffrages, contre 29,2 % pour Alexandre Cloutier.

Interrogée sur la possibilité de faire mieux que la dernière fois, Martine Ouellet a souligné, en entrevue à l'émission Midi Info, que la présence de Véronique Hivon « divise les votes » qu'avait alors recueillis le député de Lac-Saint-Jean. « On se retrouve tout le monde à la même place », en a-t-elle conclu.

Invoquant ses positions fermes sur la tenue d'un référendum, elle a affirmé qu'elle était, lors de la plus récente course, le deuxième choix des pro-Péladeau.

Même si elle n'a pas encore annoncé officiellement ses couleurs, ses intentions ne semblent pas laisser de doute.

« C'est pas mal enligné », a-t-elle reconnu alors que l'animateur concluait l'entrevue en la présentant comme « future candidate ».

Cloutier pourrait se lancer jeudi

Lors de la course à la succession de Pauline Marois, Véronique Hivon s'était rangée dans le camp d'Alexandre Cloutier, dont elle est réputée proche. Le député de Lac-Saint-Jean, qui s'était alors classé deuxième, derrière M. Péladeau, devrait aussi se lancer dans la course d'ici peu.

Depuis vendredi dernier, l'avocat et constitutionnaliste de 38 ans affirme que sa décision est prise. Il soutient qu'il l'annoncera en temps et lieu, en compagnie de sa famille, ce qui laisse peu de doute quant à sa décision d'être de la partie.

Selon nos informations, M. Cloutier compte en fait lancer sa campagne jeudi.

Interrogé à ce sujet lundi matin, il s'est borné à dire qu'il n'annoncerait rien aujourd'hui, puisque sa femme est à l'extérieur du pays, ni mardi, puisque le nouveau chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, fera son entrée à l'Assemblée nationale.

M. Cloutier a tenu à « saluer l'arrivée » de Mme Hivon dans la course. Il a immédiatement ajouté « Par contre, je vais rappeler que ce qui est vraiment important, c'est de gagner pour les Québécois en 2018, et que peu importe ce qui va arriver, on forme une équipe pour en bout de course gagner et changer le gouvernement actuel ».

Dans un sondage Léger - Le Devoir - Le Journal de Montréal publié vendredi, un Parti québécois dirigé par M. Cloutier était donné gagnant contre le Parti libéral de Philippe Couillard en 2018. Mme Hivon était donné perdante contre M. Couillard dans un tel affrontement, même si ses appuis étaient à peine plus faibles que M. Cloutier.

L'ex-ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes du gouvernement Marois a reconnu la semaine dernière que la perspective d'affronter son amie Véronique Hivon était « un peu shakespearien comme scénario ».

D'autres candidats en réflexion

L'ex-ministre des Finances Nicolas Marceau dit aussi ouvertement qu'il réfléchit à présenter sa candidature.

Le nom du député de Rosemont, Jean-François Lisée, a aussi été évoqué. Son collègue Bernard Drainville, député de Marie-Victorin, a pour sa part indiqué qu'il ne serait pas de la course.

Le PQ souhaite l'élection de son prochain chef entre la mi-septembre et la mi-octobre pour succéder à Pierre-Karl Péladeau, qui a démissionné de son poste lundi dernier.

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