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07/05/2016 04:58 EDT | Actualisé 08/05/2017 01:12 EDT

Sadiq Khan, élu premier maire musulman de Londres, salue un vote "d'espoir"

Le nouveau maire de Londres Sadiq Khan, premier édile musulman d'une grande capitale occidentale, a salué son élection comme un triomphe sur "la peur", au moment où des critiques fusaient sur les méthodes employées par son adversaire pendant la campagne.

Sadiq Khan, un travailliste de 45 ans fils d'immigrés pakistanais, a battu son principal rival, le conservateur Zac Goldsmith, 41 ans, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith, avec 57% des suffrages, selon les résultats définitifs publiés dans la nuit de vendredi à samedi.

"Cette élection ne s'est pas passée sans polémiques et je suis fier de voir que Londres a choisi aujourd'hui l'espoir plutôt que la peur, l'unité plutôt que la division", a déclaré M. Khan après l'annonce des résultats au City Hall, l'hôtel de ville de la capitale, sous les applaudissements de ses partisans.

M. Khan avait fait l'objet d'attaques virulentes de la part du camp conservateur au cour de la campagne, y compris venant du Premier ministre David Cameron, qui l'avait accusé, jusque devant le Parlement, d'accointances avec des extrémistes islamistes - ce qu'il nie.

Las pour les tories, cette stratégie, contreproductive sur le plan électoral, s'est également révélée dévastatrice en terme d'image.

"C'est un manque total de compréhension du patchwork de religions que l'on trouve à Londres", a lancé Andrew Boff, un responsable conservateur, en fustigeant la campagne "choquante" de M. Goldsmith.

"Notre campagne et ses sous-entendus nous ont coûté l'élection, notre réputation et notre crédibilité sur les questions de race et de religion", a renchéri Sayeeda Warsi, ancienne secrétaire d'Etat conservatrice.

- 'Historique' -

Député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres, M. Khan succède à la mairie de Londres à l'excentrique conservateur Boris Johnson, à qui l'on prête l'ambition de devenir Premier ministre.

Ancien ministre, ancien avocat, père de deux filles, M. Khan devra répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900.0000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions: logements inabordables, transports saturés et pollution.

Lors de sa prestation de serment, samedi en la cathédrale de Southwark, près du Pont de Londres, il a promis de représenter "toutes les communautés" et de "faire en sorte que tous les Londoniens puissent bénéficier des opportunités que notre ville m'a offertes".

Son élection, a souligné l'expert Tony Travers, de la London School of Economics (LSE), est un "remarquable signe du cosmopolitisme" de Londres, "ville monde" dont 30% de la population est non blanche.

La victoire "historique" de Sadiq Khan "illustre le visage tolérant de Londres", abondait le Financial Times. "Londres a élu un maire musulman dans un remarquable triomphe sur les tensions raciales et religieuses qui plongent dans la tourmente les autres capitales européennes".

A l'étranger, la nouvelle faisait la une des journaux pakistanais et les maires de plusieurs grandes villes ont félicité M. Khan. "Convaincue que son humanisme et son progressisme bénéficieront aux Londoniens!", a tweeté la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

- Le Labour limite la casse -

Une myriade de scrutins locaux et régionaux se sont aussi tenus dans tout le Royaume-Uni, un test pour le Labour, principal parti d'opposition au gouvernement Cameron, et pour son chef Jeremy Corbyn.

En Ecosse, le parti indépendantiste (SNP) a décroché 63 sièges sur les 129 du parlement régional, mais avec six de moins que les 69 obtenus en 2011, il a perdu la majorité absolue.

Ce léger recul pourrait refroidir les revendications indépendantistes du SNP, à moins que le Royaume-Uni ne vote pour une sortie de l'Union européenne lors du référendum sur cette question le 23 juin.

Devancé par les tories, le Labour écossais perd 13 sièges, à 24 élus. Les travaillistes s'en sortent mieux au Pays de Galles, en décrochant 29 sièges sur 60, un résultat suffisant pour se maintenir au pouvoir.

Ce bilan sera étudié de près par une fraction du parti travailliste, qui cherche une occasion de remettre en cause l'autorité de M. Corbyn, n'ayant pas digéré son élection à la tête du parti en septembre.

eg/pjl

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