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07/05/2016 09:03 EDT | Actualisé 08/05/2017 01:12 EDT

Les zones incendiées de Fort McMurray doublent, des feux hors de contrôle

Les énormes feux, hors de tout contrôle, ont dévasté samedi des milliers d'hectares de forêts supplémentaires dans la région de Fort McMurray où les centaines de pompiers aidés d'importants moyens aériens protégeaient les infrastructures les plus sensibles.

"La situation reste imprévisible et dangereuse et c'est un feu énorme et dangereux hors de contrôle", a déclaré samedi le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

"Les conditions sur le front des incendies restent extrêmes en raison de la faible humidité, des températures élevées et des vents", a indiqué la cellule de crise du gouvernement de l'Alberta.

"Si l'incendie continue de progresser à ce rythme, il pourrait doubler" samedi les superficies brûlées, a-t-il estimé.

En moins de 24 heures, 55.000 hectares de plus ont flambé, selon le dernier bilan du service des incendies, portant le total à 1.570 km2. Par comparaison, c'est l'équivalent de la superficie de Londres ou 15 fois celle de Paris qui a été réduit en cendres autour et dans la capitale du pétrole de l'Ouest canadien en Alberta.

A l'aube, les convois pour évacuer des milliers de personnes prises au piège dans une souricière à quelques dizaines de kilomètres au nord de Fort McMurray ont repris dans des conditions très difficiles, dans d'épais nuages de fumée.

A 06h00 locales (12h00 GMT), la police a rouvert l'autoroute 63 en direction du sud afin de poursuivre la gigantesque opération d'évacuation de ces personnes coincées dans des bases de vie de compagnies pétrolières où elles ont trouvé refuge en tout début de semaine, quand la route du nord était la seule issue possible.

Si 2.400 véhicules ont pu traverser Fort McMurray pour rejoindre à 400 km la capitale provinciale Edmonton, les feux encore à tout moment couper l'autoroute. Et des kilomètres de véhicules attendaient toujours patiemment leur tour pour s'extirper, enveloppés de fumées poussées par les vents.

Les policiers, masque sur le visage, ont formé des convois de seulement 25 véhicules --deux fois moins que la veille-- tant les risques étaient élevés pour les automobilistes avant d'arriver, 30 km au sud de la ville, au barrage routier de la police et où les nuages noirs de fumée laissent la place à un beau soleil dans un ciel azur.

- 'Dites nous où vous êtes' -

Tout au long de la route, des centaines de véhicules sont abandonnés sur les bas-côtés, en panne d'essence ou accidentés. Leurs occupants avaient fui plus tôt dans la semaine vers Edmonton ou Calgary avec l'avancée des feux dans les quartiers en périphérie de Fort McMurray.

Selon la Première ministre de la province Rachel Notley, le centre de la ville a été épargné.

Avec l'aggravation de la situation, la société Syncrude a décidé samedi de fermer son site d'exploitation de sables bitumineux à 50km au nord de Fort McMurray en raison des fumées, mais "sans danger imminent d'incendie". D'autres compagnies pétrolières l'ont fait ces derniers jours.

Des avions gros porteurs C130 de l'armée ont été dépêchés pour évacuer un peu plus de 4.000 employés, un pont aérien prévu sur deux jours, selon Syncrude.

Dans une province déjà durement touchée depuis deux ans par la chute des cours du brut, ce nouvel arrêt va réduire un peu plus la production. Vendredi, l'expert pétrolier Matt Smith de la société de données ClipperData avait estimé "à un million de barils par jour le volume de production retiré du marché".

Les assureurs s'apprêtent également à payer d'énormes indemnités. La Banque de Montréal parle d'une facture d'environ 9 milliards de dollars canadiens (6 milliards d'euros), deux fois plus que le coût des inondations il y a trois ans qui avaient également touché l'Alberta.

"Dites-nous où vous êtes et qui vous êtes", a une nouvelle fois lancé Rachel Notley, aux quelque 100.000 évacués. Ceci afin de pouvoir rapidement leur allouer l'aide du gouvernement et d'évaluer les besoins sur le long terme.

Car pour les habitants de Fort McMurray, un retour à une vie normale dans leur ville n'est pas à ce stade prévisible.

mbr/elm