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07/05/2016 09:59 EDT | Actualisé 08/05/2017 01:12 EDT

Les surveillants de prison belges poursuivent leur grève malgré un accord

Les surveillants de prison belges ont poursuivi samedi leur grève, entamée le 25 avril, rejetant un protocole d'accord trouvé par leurs syndicats la veille avec le gouvernement, selon les médias.

La grève paralyse les prisons wallonnes (sud du pays) et de Bruxelles depuis treize jours et a valu ces derniers jours au gouvernement belge plusieurs condamnations pour violation des droits des détenus. Elle a aussi permis à certains suspects d'être libérés pour vice de procédure.

Un protocole d'accord avait été trouvé vendredi entre les syndicats d'agents pénitentiaires et le ministre de la Justice Koen Geens mais il a été rejeté en masse dans tous les établissements ayant organisé des assemblées générales du personnel samedi.

Des consultations sont encore prévues dimanche et lundi, mais là aussi des rejets étaient anticipés par les responsables syndicaux interrogés par les médias.

La grève pour protester contre la baisse depuis plusieurs années du nombre d'agents, est très suivie en Wallonie et à Bruxelles, où la surpopulation carcérale est plus importante qu'en Flandre (nord).

Vendredi, trois hommes suspectés de vols en détention préventive à la prison de Nivelles (au sud de Bruxelles) ont dû être libérés, faute d'avoir pu comparaître devant un juge.

La section belge de la Ligue des Droits de l'Homme avait appelé jeudi dans un communiqué à "accélérer les discussions et adopter des réformes structurelles d'urgence", dénonçant la "situation humaine intolérable que vivent les détenus dans le pays". Du fait de la grève, ils ont été privés de sortie, de parloir et parfois même de douche et de repas.

Les autorités belges ont été condamnées à plusieurs reprises dans la semaine à rétablir un régime de détention "conforme à la dignité humaine", comprenant notamment l'accès aux douches un jour sur deux ainsi qu'au moins deux visites familiales par semaine.

Vendredi, le tribunal de première instance de Bruxelles a ordonné à l'Etat de fournir, sous peine d'astreinte, une assistance médicale à un détenu de la prison de Forest (commune de Bruxelles), a expliqué Me Alexander Hamels samedi à l'agence Belga.

"Mon client se trouve avec trois autres personnes dans une pièce de 9m², n'a pas pu prendre de douche depuis 11 jours, ses draps ne sont pas changés, ses vêtements pas lavés", a-t-il raconté. "Les détenus ne reçoivent qu'une fois par jour un repas froid, avec du café froid", décrit l'avocat.

Dans certains établissements, des détenus se sont rebellés, comme à la prison de Jamioulx (sud) où ils ont incendié divers objets et un container mercredi soir.

axr/ger