NOUVELLES
07/05/2016 08:35 EDT | Actualisé 08/05/2017 01:12 EDT

Grèce: Tsakalotos appelle ses pairs à l'Eurogroupe à approuver les réformes

Le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos a appelé samedi la zone euro à approuver, lors de l'Eurogroupe prévu lundi, les réformes effectuées par son pays alors qu'au Parlement commençait le débat sur une réforme controversée des retraites.

Les syndicats grecs du privé GSEE et du public Adedy observaient d'ailleurs samedi, et pour une deuxième journée consécutive, une grève qui touche surtout les transports en commun, métro, bus et trains.

Les bateaux, eux, resteront à l'ancre jusqu'à mardi en raison d'une grève du puissant syndicat des marins Pno, empêchant les liaisons maritimes entre la Grèce continentale et ses îles.

Dans un courrier adressé à ses homologues de la zone euro et dont l'AFP a obtenu copie, M. Tsakalotos estime que "la Grèce a besoin d'une déclaration claire sur les mesures (réformes, ndlr) en cours et celles à venir, ce qui aiderait le pays (à retrouver) la confiance des investisseurs et la reprise".

Selon M. Tsakalotos, cette "déclaration claire" de l'Eurogroupe doit souligner que "la Grèce se trouve sur la bonne voie" ce qui "aiderait à transformer le cercle vicieux des mesures de rigueur en un cercle vertueux basé sur la croissance".

Lors de l'Eurogroupe de lundi, les 19 ministres des Finances de la zone euro doivent à nouveau se pencher sur l'évaluation des réformes en Grèce, réclamées par l'UE et le FMI après le prêt international octroyé au pays 2015.

Après des mois des discussions, ces réformes n'ont pas encore reçu le satisfecit des créanciers en raison surtout des divergences entre l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Selon une lettre du FMI adressée aux ministres de l'Eurogroupe, dont l'AFP a obtenu copie, la directrice de l'institution Christine Lagarde a fait pression sur l'UE pour ouvrir la discussion sur la dette tout en soulignant la nécessité d'une révision à la baisse de l'objectif d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB pour 2018, jugé "contreproductif" par le Fonds.

Le FMI menace même de ne pas participer au programme grec si la discussion sur la dette ne commence pas lundi.

Les créanciers ont récemment réclamé des mesures additionnelles de 3,6 milliards d'euros mais M. Tsakalotos rétorque "qu'un tel paquet de mesures ne peut pas être voté par le gouvernement actuel et par aucun gouvernement démocratique".

Il rappelle que son gouvernement a déjà accepté de prendre des mesures de 5,4 milliards d'euros et que le Parlement s'apprête à se prononcer dimanche sur une réforme des retraites et de la fiscalité.

Dimanche, les syndicats prévoient des manifestations en fin matinée, pour célébrer le 1er mai, qui n'avait pas été fêté en Grèce dimanche dernier en raison de la Pâques orthodoxe.

Le syndicat public Adedy prévoit un rassemblement devant le Parlement, quelques heures avant le vote prévu sur la réforme des retraites, qualifiée de "pillage" par les syndicats.

"Cette réforme aurait dû être faite depuis des décennies" en raison d'importants déficits de caisses de retraites s'élevant "à 2 milliards d'euros", a toutefois répondu le ministre de l'Emploi Georges Katrougalos, artisan de cette réforme.

bur-hec/gl