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07/05/2016 10:33 EDT | Actualisé 08/05/2017 01:12 EDT

Brésil: recours du gouvernement contre la destitution de Rousseff

Un député du parti brésilien des Travailleurs (PT-gauche, au pouvoir) a présenté un recours auprès de la Cour suprême pour tenter de bloquer la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff qui doit être votée au Sénat mercredi.

Le député Paulo Teixeira a ainsi demandé au Suprême tribunal fédéral (STF) d'annuler le vote du 17 avril qu'il juge "nul" car les leaders des partis ont fait pression sur leurs députés, rapporte la presse samedi.

Ce jour là, une majorité écrasante de députés (367 contre 146) avaient approuvé en séance plénière la procédure de destitution contre la dirigeante de gauche, accusée par l'opposition de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection.

M. Teixeira se base sur le fait que le très controversé président du Congrès des députés Eduardo Cunha - stratège de la procédure de destitution et qui a dirigé la séance du vote le 17 avril - a été suspendu jeudi par la justice pour entrave aux enquêtes pour corruption le visant dans le scandale Petrobras.

Teixeira allègue que les leaders des groupes parlementaires, sous l'emprise de M.Cunha, ont "clairement violé le droit au libre arbitre" des députés, ce qui est interdit dans la loi sur l'impeachment.

Il affirme que de nombreux députés ont voté par peur de représailles, comme la possibilité d'être expulsés de leur parti en cas de désobéissance. Certains ont même préféré s'abstenir.

"Malheureusement je ne vais pas pouvoir voter comme mon coeur me le dit. Mais comme je ne peux désobéir à un ordre de mon parti, je m'abstiens de voter", avait déclaré le député Mario Negromonte (PP-droite), rappelle M.Teixeira.

Avant le 17 avril, le gouvernement avait déjà tenté sans succès de bloquer le vote mais tous ses recours auprès du STF avaient été rejetés.

L'avocat du Brésil, José Eduardo Cardozo, qui défend Mme Rousseff, a fait part également de son intention de présenter un nouveau recours auprès du STF pour annuler la procédure contre la présidente, alléguant qu'Eduardo Cunha l'avait acceptée pour se venger car elle ne l'a pas défendu quand il a été accusé de corruption.

Malgré l'insistance des partisans de la présidente, le STF semble peu enclin à revenir sur la décision du Congrès et selon les sondages et comptages de la presse, Mme Rousseff devrait être écartée du pouvoir mercredi par une majorité de sénateurs.

cdo/abk