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06/05/2016 07:38 EDT | Actualisé 06/05/2016 07:38 EDT

Syrie: Tollé après un raid meurtrier contre un camp de déplacés

La communauté internationale s'est indignée des frappes contre un camp de déplacés qui ont tué 28 civils dans le nord de la Syrie, alors que la trêve à Alep censée expirer samedi avant l'aube était respectée par régime et rebelles.

Dans le pays en guerre, où les trêves globales ou ponctuelles peinent à tenir, d'autres fronts restent chauds avec des combats qui ont fait plus de 70 morts, entre régime et jihadistes du Front Al-Nosra près de la ville septentrionale d'Alep, a indiqué vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans ce conflit, les civils continuent de payer un lourd tribut. Jeudi soir, des raids aériens ont visé un camp dans la province d'Idleb (nord-ouest), où s'étaient réfugiées des familles ayant fui les combats dans la région voisine d'Alep. Bilan : au moins 28 morts, dont des femmes et des enfants et une cinquantaine de blessés.

Aucune information n'était encore disponible sur la partie derrière ces frappes contre le camp près de la ville de Sarmada, frontalière de la Turquie, alors que le ciel syrien est encombré par les appareils du régime, ceux de la Russie et ceux de la coalition internationale.

Des vidéos postées sur internet par des militants et présentées comme celles du drame montrent des tentes bleues réduites en lambeaux, des flammes et d'épaisses fumées noires s'élevant du lieu et des cris d'hommes et des pleurs d'enfants.

« Que Dieu les maudisse »

« Que Dieu les maudisse! », peut-on entendre dans une des vidéos. « Où sont les ONG (internationales)? », s'écrie une voix d'homme.

Des volontaires avec des seaux d'eau s'activaient dans le camp ravagé, où on peut voir des blessés, notamment des femmes, hurler de douleur à bord d'un pick-up.

Dans une autre vidéo, des secouristes de la défense civile d'Idleb tentaient d'éteindre le feu dévorant les tentes, d'autres mettaient une couverture sur des corps carbonisés. Les images montrent également des corps, dont celui d'au moins un enfant couvert de sang et de terre, avec les membres arrachés.

Attribuant les frappes au régime de Bachar al-Assad, le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond s'est dit « horrifié ». « Le mépris du régime d'Assad devant les efforts destinés à rétablir la trêve est clairement visible par tous ».

Sans se prononcer, elle, sur l'origine des raids, l'Union européenne a souligné que « les attaques contre des camps de réfugiés sont inacceptables et constituent une grave violation du droit humanitaire international ».

Se disant « horrifié et écœuré » le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, a réclamé une enquête sur cette attaque « choquante ».

Mamoun al-Khatib, directeur de l’agence de presse prorebelle Shahba press basée à Alep, a accusé l'aviation du régime de Bachar al-Assad d'avoir mené les frappes, mais ces allégations ne pouvaient être confirmées de source indépendante.

La guerre en Syrie, qui a fait plus de 270.000 morts, a aussi poussé à la fuite plusieurs millions de personnes depuis son déclenchement en mars 2011, provoquant un désastre humanitaire qui a atteint les portes de l'Europe.

Combats meurtriers près d'Alep

La province d'Idleb est contrôlée par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et ses alliés, le groupe jihadiste étant exclu, au même titre que son rival État islamique (EI) de l'accord de cessation des hostilités entré en vigueur le 27 février à l'initiative des États-Unis et de la Russie et gravement compromis.

La coalition internationale dirigée par les États-Unis concentre ses frappes sur l'EI en Syrie alors que le régime utilise son aviation aussi bien contre les rebelles que contre les jihadistes. Les Russes, des alliés de M. Assad, ciblent certains groupes rebelles et les jihadistes.

Des dizaines de milliers de civils fuyant les combats des derniers mois se sont retrouvés dans des camps établis près de la frontière de la Turquie qui pour le moment refuse de les laisser passer.

Ailleurs dans le pays, le Front Al-Nosra et ses alliés islamistes se sont emparés à l'aube de la localité de Khan Toumane et de villages environnants après moins de 24 h de combats qui ont fait plus de 70 morts selon l'OSDH.

À une dizaine de km plus au nord, dans la ville d'Alep, une trêve de 48 heures mise en place sous pression des Américains et des Russes, parrains respectivement des rebelles et du régime, était toujours respectée vendredi. Elle doit expirer samedi à 1 h locale (vendredi 17 h heure de l'Est) selon le pouvoir.

Cette trêve avait été annoncée après que le cessez-le-feu global entre régime et rebelles du 27 février a volé en éclats avec la reprise le 22 avril des hostilités à Alep qui ont fait près de 300 morts.

Non loin des lignes de front, un deuxième concert organisé par le régime est prévu vendredi soir dans l'amphithéâtre de la cité antique de Palmyre (centre) où l'EI avait mené des exécutions et détruit des trésors archéologiques avant d'en être chassé par le régime. Un premier concert y a été donné jeudi par le célèbre chef d'orchestre russe Valéri Guerguiev devant 400 spectateurs, dont des soldats russes.

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