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02/05/2016 06:51 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Syrie: la situation devient "hors de contrôle", avertit Kerry

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a effectué lundi une visite éclair à Genève pour tenter de sauver la trêve en Syrie, où la situation devient "hors de contrôle" même si les bombardements du régime ont baissé d'intensité sur la ville d'Alep.

M. Kerry, qui a rencontré l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé qu'il allait appeler son homologue russe Sergueï Lavrov pour plaider un rétablissement du cessez-le-feu.

"Le conflit devient à bien des égards hors de contrôle", a déclaré John Kerry, arrivé dimanche soir à Genève, pour un séjour de 24 heures.

"L'attaque sur cet hôpital est inimaginable", a-t-il ajouté, accusant le régime syrien d'avoir délibérément bombardé trois cliniques et un grand hôpital à Alep la semaine dernière. "Cela doit cesser".

Staffan de Mistura doit lui se rendre à Moscou mardi pour rencontrer M. Lavrov, avec le même ordre du jour : le rétablissement du cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 février mais gravement compromis ces derniers jours.

"Nous allons essayer ces prochaines heures de voir s'il est possible de parvenir à un accord, non pas pour simplement remettre sur pied la cessation (des hostilités, ndlr) mais pour créer une voie à suivre pour que la cessation tienne non pas un jour de silence ou deux" mais plus, a détaillé M. Kerry, parlant de la création d'un "mécanisme" de suivi, sans plus détails.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé lundi à Bamako la Russie à intervenir auprès de Damas pour que "les frappes sur Alep s'arrêtent" et que le processus de paix puisse reprendre "le plus vite possible".

Moscou et Washington sont les initiateurs du processus de paix en Syrie, et M. de Mistura a souligné que si les deux pays ne parviennent pas à s'entendre il n'est guère probable qu'il y ait des avancées.

Alliée du président syrien Bachar al-Assad, la Russie a fait état dimanche de "négociations actives" pour faire taire les armes à Alep. Les Etats-Unis avaient auparavant appelé à l'arrêt des bombardements sur la partie de la ville du nord de la Syrie tenue par les rebelles.

- '#AleppoIsburning' -

D'intenses raids aériens ont eu lieu dans la nuit sur la deuxième ville de Syrie, selon un journaliste de l'AFP. Aucune indication n'a pu être obtenue dans l'immédiat sur d'éventuelles victimes.

Mais depuis la matinée, aucun raid ou tir n'a été entendu dans le secteur rebelle, selon un correspondant de l'AFP. Des habitants se sont aventurés dans les rues, profitant du calme, et quelques échoppes ont ouvert leurs portes.

Plus de 250 civils dont une cinquantaine d'enfants ont péri depuis la reprise le 22 avril des violences à Alep, la majorité dans des raids menés par l'aviation du régime.

"Ce qui se passe à Alep est une honte. C'est une violation du droit humanitaire. C'est un crime", a réagi lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, avant sa rencontre à Genève avec M. Kerry.

Le secrétaire d'Etat américain a quant à lui expliqué que Washington allait demander aux rebelles modérés de se distancer à Alep du Front Al-Nosra, le plus important groupe jihadiste en Syrie après l'Etat islamique (EI).

Moscou et Damas ont justifié l'offensive sur Alep par la présence d'Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, qui n'est pas concernée par l'accord de trêve.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a lui souhaité l'organisation rapide d'une réunion ministérielle du groupe international de soutien à la Syrie pour "restaurer la trêve".

Le 3e round de négociations qui avait commencé le 13 avril s'est achevé le 27 avril à Genève. Les principaux représentants de l'opposition ont quitté la table des négociations pour protester contre la dégradation de la situation humanitaire et les violations de la trêve.

M. de Mistura a demandé à ce que le cessez-le-feu soit "revitalisé", avec l'aide de Washington et Moscou, esperant lancer un 4e round de pourparlers courant mai.

La guerre en Syrie a fait plus de 270.000 morts depuis 2011, selon l'OSDH.

Face à la tragédie à Alep, le hashtag "#AleppoIsburning" a été relayé massivement sur les réseaux sociaux, appelant à des manifestations de solidarité dans plusieurs pays du 30 avril au 7 mai.

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