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02/05/2016 10:14 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Syrie: baisse en intensité des raids sur Alep (AFP)

Les bombardements à Alep ont baissé en intensité lundi, après plusieurs raids et tirs dans la nuit entre régime syrien et rebelles dans la deuxième ville de Syrie, alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry a tenté à Genève à sauver la trêve dans ce pays.

Aucun raid ou tir n'a été entendu depuis le matin dans le secteur rebelle dans l'est de l'ex-capitale économique de Syrie ravagée par la guerre, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des habitants se sont aventurés dans la rue profitant du calme et quelques échoppes ont ouvert leurs portes, mais la circulation restait faible.

Après une journée également calme dimanche, d'intenses raids aériens avaient repris dans la nuit sur plusieurs quartiers, sans qu'un bilan soit établi.

Lundi après-midi, des roquettes ont été lancées par les rebelles sur plusieurs quartiers ouest tenus par l'armée, sans faire de victime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La veille, leur bombardement avait fait trois morts parmi les civils, dont un enfant, d'après l'ONG.

Plus de 250 civils dont une cinquantaine d'enfants ont péri depuis la reprise le 22 avril des violences à Alep (nord), la majorité dans des raids menés par l'aviation du régime syrien, en violation de la trêve entrée en vigueur le 27 février à l'initiative de Washington et Moscou.

Le régime de Bachar al-Assad, qui jouit de la supériorité aérienne dans le conflit face aux rebelles, contrôle les secteurs ouest d'Alep, et les insurgés les secteurs est de la deuxième ville du pays, divisée depuis 2012 et principal champ de bataille de la guerre.

Face au carnage à Alep, les Etats-Unis, qui soutiennent la rébellion, tentent de rétablir le cessez-le-feu avec l'aide de l'ONU, de la Russie, alliée du régime et de pays arabes.

Ailleurs en Syrie, de violents combats opposaient lundi les troupes du régime au groupe extrémiste Etat islamique aux abords du champ gazier de Chaer, dans la province centrale de Homs, au lendemain de deux attaques jihadistes dans cette zone et celle Houwaiseis, à 30 km plus à l'est. Les combattants de l'EI étaient parvenus à prendre des positions à la périphérie de cet important champ.

Et dans la Ghouta orientale, une trêve imposée par les Russes et les Américains au régime et aux rebelles la semaine a été prorogée encore lundi de 48 heures selon l'armée.

Mais dans cette région considérée comme le réservoir de la rébellion, de violents combats se poursuivaient depuis une dizaine de jours entre deux influentes factions rebelles rivales, Jaich al-Islam (d'inspiration salafiste) et le groupe islamiste Faylaq al-Rahmane.

Dans ces combats où l'artillerie lourde a été utilisée selon l'OSDH, chaque faction tente de contrôler le territoire et de marquer des points face à la partie adverse.

Toujours dans le centre de la Syrie, à Hama, une mutinerie a éclaté et se poursuivait en soirée dans la prison centrale, les détenus prenant en otage des gardes, après une tentative du régime de transférer des prisonniers vers la prison de Saydnaya, dans la province de Damas, selon l'OSDH.

Déclenché en mars 2011 par la répression sanglante de manifestations réclamant la démocratie, le conflit s'est transformé en une guerre impliquant une multitude d'acteurs, syriens et étrangers qui a fait plus de 270.000 morts, poussé à la fuite plus de la moitié de la population et provoqué un désastre humanitaire.

La communauté internationale est notamment soucieuse d'en finir avec la menace des groupes jihadistes qui occupent de vastes territoires en Syrie et en Irak voisin et de freiner la fuite des Syriens arrivés aux portes de l'Europe.

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