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02/05/2016 07:52 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Schengen: vers un feu vert de Bruxelles pour une prolongation des contrôles aux frontières

La Commission européenne devrait donner son feu vert mercredi aux Etats membres souhaitant prolonger de manière exceptionnelle les contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen, réintroduits face à la pression migratoire et à la menace terroriste, a-t-on appris lundi de sources européennes.

"Nous avons une décision prête pour mercredi", a indiqué une porte-parole de l'exécutif européen, interrogée sur la requête en ce sens de cinq pays ayant réintroduit et pratiquant encore de tels contrôles (Autriche, Danemark, France, Allemagne et Suède) dans la zone européenne de libre-circulation des voyageurs.

Selon des sources européennes, la Commission devrait donner son aval à cette mesure inédite de prolongation des contrôles, compatible avec son objectif de revenir "d'ici la fin de l'année" à un "fonctionnement normal" de l'espace de libre circulation de Schengen, c'est-à-dire sans ces contrôles dérogatoires.

Le délai maximal de ces dérogations arrive à son terme (le 13 mai pour l'Allemagne, le 16 pour l'Autriche) pour les pays qui ont réintroduit ces contrôles face à un afflux de migrants depuis les côtes grecques et vers l'Europe du nord via les Balkans. Les contrôles réintroduits par Paris sont eux motivés par la menace terroriste.

Une procédure exceptionnelle permet cependant une prolongation de ces dérogations, jusqu'à deux ans (par périodes de six mois), dans le cas où de "graves lacunes" persisteraient dans la gestion d'une frontière extérieure. Or la Commission devrait justement juger mercredi que c'est le cas à la frontière gréco-turque, malgré les "efforts incroyables" d'Athènes qu'elle a salués la semaine dernière.

Même si la situation "le long de la route des Balkans n'est plus aussi dramatique que dans le passé, nous sommes inquiets au sujet de développements aux frontières extérieures de l'UE", estiment les cinq Etat membres ayant réintroduit des contrôles, dans une lettre envoyée lundi à la Commission, consultée par l'AFP.

Le courrier cite le "nombre considérable de migrants qui sont encore en Grèce et le long de la route des Balkans", mais aussi la route migratoire de la Méditerranée centrale, "autre source d'inquiétude", et le risque que des "groupes terroristes profitent" de la situation.

"Comme par le passé, les contrôles aux frontières seraient limités au strict nécessaire", s'engagent-ils auprès de l'exécutif européen.

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