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02/05/2016 05:52 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Nouvelle évacuation à Paris d'un campement d'un millier de migrants

Un campement d'un millier de migrants, qui s'était reconstitué ces dernières semaines sous le métro aérien à Paris, a été évacué lundi, troisième opération au même endroit depuis mars.

"1.619 personnes ont été mises à l'abri" et acheminées "vers des centres d'hébergement" de la région parisienne essentiellement, a annoncé la préfecture.

"On est content de partir", a expliqué Moustafa, un Afghan de 24 ans, qui a raconté dormir sous le métro aérien depuis un mois. "Il y avait des bagarres tous les soirs sur le campement", installé dans le nord de la capitale.

L'opération, qui avait débuté vers 06H00 (04H00 GMT), s'est terminée à la mi-journée, le temps de trouver un point de chute aux derniers migrants dont le nombre s'est révélé plus important que prévu, a-t-on déclaré de même source.

Le dernier pointage effectué dimanche faisait en effet état de seulement "400 à 700 personnes", notamment des Soudanais et des Afghans, mais les migrants étaient largement plus nombreux lundi matin. Cette augmentation est un phénomène classique au moment des évacuations, le bouche à oreille sur l'imminence d'une telle opération contribuant à faire gonfler le nombre des personnes présentes sur le campement à l'arrivée des cars.

"Je préfèrerais rester à Paris, c'est là qu'il y a le reste de la communauté, du travail...", a expliqué Abdullah, lui aussi afghan. Il ne parle pas français mais n'envisage pas de passer en Grande-Bretagne. "C'est un bon pays ici", assurait-il, pas découragé par son premier mois passé sous le métro.

Sur le terre-plein, les tentes serrées les unes contre les autres, les matelas et les couvertures de survie laissés près des poubelles débordant de détritus témoignaient des conditions de vie dans ce campement.

Les migrants "vont demander l'asile" dans les centres d'hébergement et "ceux qui ne le font pas ou se conduisent mal, on les met dehors", a déclaré sur place Jean-François Carenco, préfet de la région parisienne. "La France n'est pas une terre de désordre et de pagaille".

C'est la troisième fois en deux mois que ce campement de fortune est évacué. Au total, une vingtaine d'opérations de "mise à l'abri" de ce type ont été organisées à Paris depuis le 2 juin 2015.

Ce campement avait été évacué une première fois le 7 mars, puis l'avait été à nouveau le 30 du même mois, et à chaque fois il s'était reformé peu après. "Ce ne sont pas les mêmes", selon le préfet de région, qui souligne le nombre important de "primo-arrivants" parmi les migrants évacués lundi.

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