NOUVELLES
02/05/2016 16:05 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Meurtre d'une militante écologiste au Honduras: quatre arrestations

Quatre personnes ont été arrêtées lundi au Honduras, soupçonnées d'être impliquées dans l'assassinat en mars de la militante écologiste hondurienne Berta Caceres, a-t-on appris de source judiciaire.

Il s'agit de quatre hommes, arrêtés dans la capitale Tegucigalpa et dans les ports de La Ceiba et Trujillo, côté Caraïbes, selon un communiqué du bureau du procureur, qui a donné l'identité de chacun.

Les détenus sont Sergio Antonio Rodriguez Orellana, 49 ans, employé de l'entreprise Desarrollos Eléctricos S.A. (DESA), à laquelle Berta Caceres s'était fortement opposée, Mariano Diaz Chavez, un militaire en activité, Edilson Atilio Duarte Meza, un militaire à la retraite selon les médias locaux, et Douglas Geovanny Bustillo.

Le chef de l'état-major conjoint des forces armées, le général Francisco Alvarez, a indiqué aux journalistes locaux que l'officier d'infanterie Diaz Chavez avait été mis à la disposition des autorités judiciaires.

"Nous demandons pardon à la famille de Berta Caceres si un membre de l'institution a participé à cet assassinat si honteux", a-t-il déclaré.

De son côté, Gustavo Caceres, frère de la victime, a annoncé à l'AFP avoir des "réserves" concernant ces arrestations.

"Avec ma famille, nous avons décidé de maintenir des réserves sur ces arrestations parce que (au Honduras) on arrête des suspects et au bout de trois semaines on les libère" faute de preuves, a-t-il expliqué.

L'ambassade des Etats-Unis, qui a condamné depuis le début cet assassinat et offert son aide au gouvernement pour l'enquête, a "salué les arrestations" et annoncé qu'elle suivrait la procédure judiciaire et de nouvelles arrestations éventuelles.

Le président hondurien Juan Orlando Hernández a félicité les autorités judiciaires, qualifiant l'assassinat de Berta Caceres de "coup dur pour l'Etat du Honduras".

La militante écologiste avait été tuée par balles par au moins deux hommes le 3 mars à l'aube dans sa maison de La Esperanza (ouest), à environ 200 km de Tegucigalpa, suscitant l'indignation de la communauté internationale.

La Commission internationale des droits de l'Homme (CIDH) avait réclamé dès 2009 des mesures de protection pour la leader indigène menacée.

Dirigeante du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), elle s'était notamment fait connaître pour sa défense du fleuve Gualcarque (nord-ouest du Honduras), où l'entreprise DESA prévoit de construire un barrage hydroélectrique menaçant de priver d'eau des centaines d'habitants de la région en territoire indigène lenca.

nl/ka/cls/jpa/plh