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02/05/2016 10:53 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Le pétrole baisse encore, la réduction des excédents se fait attendre

Les cours du brut ont encore baissé lundi à New York, dans un marché pris de doutes sur la forte reprise des cours le mois dernier, alors que les excédents mondiaux ne donnent pas de signe d'une diminution.

Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en juin a perdu à la clôture 1,14 dollar à 44,78 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

"Le marché rend un peu de ce que, à mon avis, il n'avait pas mérité de gagner" la semaine dernière, la quatrième consécutive de hausse, a déclaré Kyle Cooper, chez IAF Advisors.

Selon Tim Evans, chez Citi, "les marchés du pétrole se sont orientés à la baisse dans une journée tranquille en raison de la Fête du Travail (ndlr: au Royaume-Uni et en Asie), sur la base d'inquiétudes que la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) augmente encore, avec une production iranienne grimpant à 3,4-3,5 millions de barils par jour en avril et des exportations irakiennes apparemment proches d'un niveau record".

L'Irak, deuxième plus gros producteur de l'Opep après l'Arabie saoudite, a en effet annoncé dimanche avoir exporté près de 3,36 millions de barils par jour en avril, proches du record de 3,365 millions recensé en novembre, selon l'agence financière Bloomberg News.

Parallèlement, aux Etats-Unis, l'activité dans le secteur manufacturier a vu sa progression ralentir en avril, selon l'indice des directeurs d'achat de ce secteur publié lundi par l'association professionnelle ISM. De quoi "tempérer les attentes sur la demande" en brut, a relevé Tim Evans.

Chez ClipperData, Matt Smith a également évoqué les déceptions provoquées par la stagnation du secteur manufacturier chinois, la contraction de ce même secteur au Japon, et le fait qu'au Brésil l'activité manufacturière s'affiche au plus bas depuis plusieurs années.

Des chiffres globalement tellement médiocres qu'ils relancent pour certains investisseurs des inquiétudes sur le niveau de la demande mondiale de pétrole.

Mais parallèlement, le dollar est au plus bas depuis le mois d'août face à un panier de devises, et "l'affaiblissement du dollar continue à retenir les prix du brut d'une chute plus brutale", a fait valoir M. Smith.

En effet comme les échanges de brut sont libellés en dollars, tout affaiblissement du billet vert favorise les achats d'investisseurs munis d'autres devises.

Pour John Plassard de Mirabaud Securities, les marchés pétroliers évoluent en baisse aussi "dans un mode de prise de bénéfices assez évident".

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