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02/05/2016 06:22 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

La situation en Syrie "à bien des égards hors de contrôle" (Kerry)

La situation en Syrie est "à bien des égards hors de contrôle", a déclaré lundi devant la presse à Genève le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

S'exprimant à l'issue d'une rencontre avec l'envoyé spécial de l'ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura, M. Kerry a ajouté qu'il allait téléphoner dans la journée à son homologue russe Sergueï Lavrov pour faire pression pour un retour au cessez-le-feu.

Cependant, M. Kerry a averti qu'il ne voulait pas promettre de succès, décrivant un "conflit qui à bien des égards est hors de contrôle et qui perturbe profondément chacun dans le monde".

Tout en indiquant que le cessez-le-feu conclu sous la médiation de la Russie et des Etats-Unis en février dernier tenait dans certains parties du pays, il a particulièrement dénoncé la situation à Alep.

A Alep, a-t-il déclaré, le régime syrien a délibérément bombardé trois cliniques et un grand hôpital, tuant des médecins et des patients.

"L'attaque sur cet hôpital est inimaginable" et "cela doit cesser", a-t-il affirmé.

Plus de 250 civils dont une cinquantaine d'enfants ont péri depuis la reprise le 22 avril des violences à Alep, la majorité dans des raids menés par l'aviation du régime, en violation de la trêve.

"Les deux parties, l'opposition et le régime, ont contribué à ce chaos, et nous allons travailler ces prochaines heures intensément pour essayer de restaurer la cessation des hostilités" et permettre ensuite de mieux la surveiller, a affirmé M. Kerry.

"A cet effet, a-t-il expliqué, la Russie et les Etats-Unis ont accepté qu'il y ait plus de personnel à Genève, travaillant 24/24 heures et 7/7 jours" pour mieux surveiller la trêve.

"Nous allons essayer ces prochaines heures de voir s'il est possible de parvenir à un accord, non pas pour simplement remettre sur pied la cessation (des hostilités, ndlr) mais pour créer une voie à suivre pour que la cessation tienne non pas un jour de silence ou deux" mais plus, a détaillé M. Kerry, parlant de la création d'un "mécanisme" de suivi.

"Nous préparons un meilleur mécanisme, mais nous avons besoin de volonté politique", a déclaré de son côté M. de Mistura, sans plus de détail.

Le "miracle" de la trêve est "devenu très fragile", a-t-il souligné, appelant à réduire les violences et permettre ainsi la réouverture d'un nouveau de round de discussions à Genève.

Le 3e round de négociations qui avait commencé le 13 avril s'est achevé le 27 avril à Genève. Les principaux représentants de l'opposition ont quitté la table des négociations pour protester contre la dégradation de la situation humanitaire et les violations de la trêve.

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