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02/05/2016 02:53 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

La filiale sud-coréenne d'un groupe britannique s'excuse après une centaine de décès

Le directeur de la filiale sud-coréenne d'une société britannique a été giflé et hué lundi alors qu'il présentait ses excuses pour le rôle joué par son entreprise dans la vente d'un désinfectant pour humidificateurs accusé d'avoir provoqué une centaine de décès.

Atar Safdar, directeur d'Oxy Reckitt Benckiser Korea, s'exprimait dans un hôtel de Séoul lorsque les proches des victimes se sont rués sur le podium aux cris de "Trop tard", "Pas de pardon".

Le responsable a été giflé et poussé plusieurs fois au milieu du chaos général, avant qu'il ne puisse reprendre son discours.

Il a présenté ses "excuses du fond du coeur, sincères" à toutes les victimes, ajoutant que la société était prête à financer un programme de dommages et intérêts de plusieurs millions d'euros.

L'affaire avait éclaté lorsque quatre femmes enceintes sont décédées en 2011 des suites de complications pulmonaires.

Une enquête gouvernementale avait conclu ensuite à des "liens significatifs" entre les problèmes pulmonaires et les produits utilisés pour stériliser les humidificateurs.

La plupart des victimes avaient utilisé de l'Oxy Ssak Ssak, un désinfectant liquide pour humidificateurs vendu en Corée du Sud par la société à partir de 2001.

Cent trois personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, sont décédées, décès qui ont été imputés au produit retiré par la suite du marché.

"Oxy RB reconnaît sa responsabilité pour le rôle joué par les produits Oxy RB et les retards pris pour remédier à la situation", a déclaré M. Safdar.

Il a également annoncé la création d'un fonds doté de cinq milliards de wons (3,8 millions d'euros) pour "aider ceux qui ont souffert".

La société avait auparavant alloué une somme similaire à un fonds mis en place par le ministère sud-coréen de l'Environnement.

Oxy RB a essuyé les foudres de l'opinion qui lui a reproché d'avoir tardé à réagir et d'accepter ses responsabilités dans cette affaire.

M. Safdar a ajouté que son entreprise allait coopérer dans une enquête en cours pour déterminer si ses cadres avait donné leur feu vert à la vente de produits dangereux pour la santé en connaissance de cause.

"Je souhaite sincèrement que l'enquête soit conclue aussi vite que possible, afin que toutes les victimes puissent tourner la page", a-t-il dit.

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