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02/05/2016 04:34 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

Conditions "choquantes" dans un centre de détention en Irak (Amnesty)

Les autorités irakiennes détiennent des personnes souvent innocentes accusées de "terrorisme" dans de terribles conditions et n'ont pas la capacité de traiter rapidement leur cas, a dénoncé lundi l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International.

Une délégation de l'ONG, comprenant son secrétaire général Salil Shetty, a eu l'autorisation de visiter samedi l'un des centres de détention à Amriyat al-Falloujah, à l'ouest de Bagdad.

"Nous avons visité un centre de détention... où nous avons trouvé 700 personnes soi-disant suspectées de terrorisme, confinées et enfermées depuis des mois, a indiqué à l'AFP M. Shetty.

"Les conditions de leur détention sont assez choquantes, certains dans un mètre carré environ par personne, sans espace pour s'allonger", a-t-il poursuivi.

"Les toilettes sont dans la même pièce, ils reçoivent très peu de nourriture. Les conditions sont juste choquantes dans l'ensemble", a-t-il déploré.

Pour Donatella Rovera conseillère pour les situations de crise à Amnesty, le centre - géré par les forces irakiennes du contre-terrorisme - est surpeuplé et compte uniquement quatre enquêteurs pour traiter tous les cas.

Amriyat al-Falloujah se trouve dans la vaste province sunnite d'Al-Anbar, dans l'ouest de l'Irak, où les forces de sécurité combattent depuis 2014 les jihadistes du groupe Etat islamique.

Des milliers de sunnites y ont été arrêtés et détenus pour leurs présumés activités "terroristes".

"Pas un seul n'a été formellement inculpé. Ils restent là pendant des mois parce que les autorités locales n'ont pas la capacité d'enquêter sur leur cas", a regretté M. Shetty.

"Les autorités elles-mêmes disent ne pas savoir comment la plupart de ces gens se sont retrouvés ici, elles pensent que la majorité d'entre eux sont innocents", poursuit-il.

L'équipe d'Amnesty a indiqué n'avoir pas eu connaissance auparavant de l'existence de ce centre et de ses 700 prisonniers.

"Nous avons rencontré 700 (détenus) mais il y a beaucoup d'autres lieux comme celui-ci à travers le pays", a ajouté M. Shetty pour qui cette situation révèle à quel point "le système judiciaire ne fonctionne pas" en Irak.

Pour Amnesty, le renforcement du système judiciaire devrait être une priorité en Irak où de sérieuses violations des droits de l'Homme continuent d'avoir lieu en toute impunité.

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