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02/05/2016 17:01 EDT | Actualisé 03/05/2017 01:12 EDT

"Air Cocaïne": nouvelle audience pour Naudin, qui conteste son extradition

Le Français Christophe Naudin, en détention provisoire en République dominicaine pour son implication dans l'évasion des deux pilotes français de l'affaire dite "Air Cocaïne", contestera mardi devant la justice son extradition depuis l'Egypte, a indiqué à l'AFP son avocat.

"C'est une audience en appel sur son extradition, que nous contestons", a expliqué Me Frank Berton par téléphone à l'AFP, depuis Saint-Domingue.

Christophe Naudin, criminologue et expert en sécurité aérienne de 52 ans, avait été extradé début mars d'Egypte, où il se trouvait pour son travail, vers la République dominicaine, qui avait émis un mandat d'arrêt à son encontre pour sa participation à l'évasion des pilotes français Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue.

Le Français, qui encourt 10 à 15 ans de prison pour association de malfaiteurs et trafic de migrants, avait été placé dès son arrivée à Saint-Domingue en détention provisoire pour trois mois.

"J'ai rencontré mon client dans des conditions de détention particulièrement scandaleuses", a raconté Me Berton, dénonçant son placement en isolement. "Il a énormément maigri, il a perdu plus de 10 kilos, mais c'est un battant".

L'avocat français s'est voulu confiant sur le sort de M. Naudin, dont "le cas, juridiquement, n'est pas du tout compliqué".

"La Convention de Palerme a été appliquée pour permettre son extradition", a-t-il expliqué. Cette convention régie par les Nations Unies autorise toute extradition d'une personne accusée de traite d'êtres humains.

Or "le procureur général (de Saint-Domingue) a dénaturé cette convention car M. Naudin ne s'est pas livré à de la traite d'êtres humains", donc "il a été extradé de manière totalement illégale", selon Me Berton.

En outre, si M. Naudin a lui-même reconnu avoir aidé les deux pilotes français à quitter clandestinement le pays des Caraïbes, "il n'a jamais commis d'infraction en République dominicaine, il était dans les eaux internationales" au moment de les aider à s'enfuir par bateau le 28 octobre 2015, a assuré l'avocat, contestant également l'existence d'un mandat d'arrêt international émis par Saint-Domingue.

M. Naudin, qui selon Me Berton regrette que "la diplomatie française (soit) peu présente" dans ce dossier, devrait être fixé sur la validité de son extradition dès mardi à l'issue de l'audience, estime l'avocat.

Il prévient toutefois: "Les magistrats peuvent constater des irrégularités (dans l'extradition) mais il n'est pas sûr qu'ils aient la faculté de le remettre en liberté", le Français attendant encore de se voir notifier formellement les charges pesant contre lui.

MM. Fauret et Odos avaient été arrêtés en mars 2013 par les autorités dominicaines, aux commandes d'un avion de location chargé de valises contenant 680 kg de cocaïne. Ils ont se sont toujours déclarés innocents, avant de quitter clandestinement la République dominicaine après leur procès.

Leur condamnation a été confirmée en appel le 11 février par la justice dominicaine.

Les deux autres Français arrêtés dans cette affaire et restés sur l'île attendent encore de savoir si leur peine (20 ans de prison également) sera maintenue. L'un d'eux, Nicolas Pisapia, présenté comme le passager de l'avion, connaîtra vendredi les nouvelles réquisitions à son encontre.

ka/plh