DIVERTISSEMENT
01/05/2016 09:34 EDT | Actualisé 02/05/2016 03:32 EDT

Les confidences de Julie Snyder à «Tout le monde en parle» (VIDÉO)

Petit moment d’histoire télévisuelle à Tout le monde en parle, dimanche, alors que Julie Snyder foulait pour la première fois le plateau de Guy A.Lepage à titre d’interviewée. «Ça faisait 12 ans que j’te gossais», a lancé l’animateur à l’invitée, qui se laissait désirer depuis les débuts de l’émission, en 2004. «Les ex-femmes de politiciens peuvent tenir les promesses qu’elles n’ont jamais faites!», a ajouté Guy A. Lepage.

C’est sur le mythique air de Julie, des Colocs, que Julie Snyder a fait son entrée dans le décor de Tout le monde en parle. Voici un condensé de ses propos tenus pendant l’entrevue.

Ce que Julie a dit à propos de….

Son refus d’aller à Tout le monde en parle pendant si longtemps

«C’est flatteur pour moi, parce que tu es plutôt beau bonhomme, même si tu es un petit peu plus vieux, quand même. Guy est le gars qui m’a le plus couru après, des 12 dernières années. Souvent, le lundi, on avait un appel de ton équipe, depuis des années. Lundi dernier, Louis Noël, avec qui je travaille depuis 20 ans, m’a dit : «C’est assez le fun, ce matin, je ne serai pas obligé de dire non à Tout le monde en parle, tu n’as pas gagné. Mais c’est vraiment bizarre, je n’ai pas d’appel aujourd’hui…» Et j’ai dit: «C’est parce que moi, j’ai les textos de Guy!» J’étais sûre de ne pas gagner, mais c’était sans compter sur ton pouvoir de persuasion massive!» Julie a enchaîné en racontant le «plan de carrière» que son fils Thomas lui a établi pour lui assurer, à l’avenir, de gagner des trophées dans les galas.

Ses projets professionnels après la prochaine demi-saison du Banquier

«Moi, je suis entrée à TVA en 1997. Pour éviter la théorie du complot, ça n’appartenait pas à Quebecor, en 1997! J’avais justement quitté Radio-Canada. À l’époque, le directeur des programmes, qui était André Provencher, m’avait dit : «À TVA, Julie, mon numéro un en information, c’est Pierre Bruneau, et moi je veux que tu sois le numéro 1 pour tout le reste!» Alors, moi, depuis 1997, j’avais la commande de livrer des grosses cotes d’écoute, des émissions numéro 1, de fracasser des records quand c’était possible, et c’est ce que j’ai fait. C’est sûr que j’aimerais ça, encore le faire.»

«Mais il n’y a rien de prévu après Le Banquier [à l’automne]?», s’est enquis Guy A.Lepage.

«Pour l’instant, je vais faire Le Banquier, et je vais voir ce qui se passe…», a répondu Julie.

L’entrevue avec Céline Dion que TVA présentera bientôt, qui sera menée par Marie-Claude Barrette et sur laquelle toute l’équipe de Julie travaillera (le concepteur Stéphane Laporte, le réalisateur Jean Lamoureux, etc,), mais dont elle-même a été écartée.

«Est-ce un désaveu?», a demandé Guy A Lepage.

Julie a commencé par vanter l’empathie et les talents d’intervieweuse de Marie-Claude Barrette et la grande générosité de Céline Dion, avant de continuer:

«Ce qu’il y a de particulier dans ce cas-là, c’est que je croyais que c’était moi qui faisais l’entrevue. C’est toute l’équipe que j’ai mise en place autour de Céline depuis plusieurs années, qui va faire l’entrevue. Je ne suis pas en froid [avec Stéphane Laporte, Jean Lamoureux, etc], on se parle tout le temps.»

«Quand même, c’est tout le monde, sauf toi», a noté Guy A.

«Je l’ai appris récemment, a informé Julie. C’est bien correct que Céline fasse des entrevues, avec Herby Moreau, Denise Bombardier, avec qui elle veut, et avec qui elle en a fait. Mais c’est juste que dans ce cas-là, ce qui est particulier, c’est que jusqu’à tout récemment, c’était moi.»

«C’est une décision de TVA ou de l’équipe de Céline?», a renchéri Guy A.

«Je ne sais pas, a dit Julie. Il y a plein d’affaires que je ne sais pas! Je ne serais pas honnête de dire que je ne suis pas déçue et que c’est ma décision.»

«Es-tu inquiète pour l’avenir?», a interrogé Guy A.

«C’est l’avenir qui va me le dire, a glissé Julie après quelques secondes de silence. C’est l’avenir qui va me le dire. (Silence) C’est dur pour moi de répondre à cette question-là. Je te dirais que, oui, j’ai des inquiétudes…»

Sa situation depuis sa séparation d’avec Pierre Karl Péladeau

«On a l’impression que depuis que tu n’es plus la blonde du grand patron, ton statut a changé», a signalé Guy A.Lepage.

«Ça, il faudrait le demander aux dirigeants de TVA.»

«Toi as-tu cette impression-là?», a relancé Guy A.

«C’est sûr que je me suis donnée corps et âme pour TVA. Et les gens vont souvent penser: "Ah ben oui, mais l’Été indien, c’était diffusé dans plusieurs pays et territoires…" Mais moi, j’étais en captivité à TVA. Tu ne vas pas aller scorer contre ton amoureux avec qui tu fonctionnes en équipe. Donc, quand tu fonctionnes en équipe avec quelqu’un… Si tu as une boulangerie, tu ne veux pas que ta blonde aille acheter son pain en face. Quand je prenais une décision, elle était prise en fonction de l’intérêt de TVA. Parce que l’intérêt de TVA, l’intérêt de Quebecor, pour moi, comment nous on fonctionnait, c’était l’intérêt de Quebecor…»

L’abandon du volet de la production télévisuelle de Productions J en raison de ses liens avec Pierre Karl Péladeau

«Je sais qu’il y a des gens sur le plateau qui vont parler de choses beaucoup plus dramatiques, ce soir, qui demandent beaucoup plus de courage que ce que je peux vivre, mais j’ai trouvé ça très, très difficile. C’a été une onde de choc. Parce que, quand j’ai fondé cette compagnie-là, en 1997, c’était pour être indépendante. Après, je travaillais beaucoup en fonction de ma vie de couple ; quand tu es en équipe avec quelqu’un, tu fonctionnes comme ça. Mais c’était comme si je n’avais plus rien. (…)»

La médiation qui suit présentement son divorce d’avec Pierre Karl Péladeau

«Tu es en médiation pour divorcer du père de tes enfants, Pierre Karl Péladeau. Est-ce que c’est dur de faire de la médiation avec celui qu’on surnomme le «roi du lock out»?», a questionné Guy A. Lepage.

«C’est un beau défi, la médiation, a avancé Julie, en souriant timidement. On travaille fort! Mais c’est sûr que je ne peux pas, ce soir, parler. C’est un processus confidentiel, donc je ne peux pas en parler. Mais je me dis tout le temps… Nos enfants vont à l’école publique, il y a des médiateurs dans les classes, dans la cour d’école, et on dit qu’il ne faut pas faire d’intimidation, qu’il faut apprendre à négocier, apprendre à mettre de l’eau dans notre vin, à discuter, à donner… Nos enfants apprennent beaucoup par l’exemple. J’espère qu’on va pouvoir être un bon exemple pour nos enfants.»

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La fin de son couple avec Pierre Karl Péladeau

«Tu t’es mariée l’été dernier, et cinq mois plus tard, c’était terminé. L’as-tu vu venir?», a demandé Guy A. à Julie Snyder.

«Quand Pierre Karl m’a demandée en mariage, le 6 août 2014, j’avais 47 ans, c’était pour mon anniversaire. Je te dirais que ce jour-là, après la naissance de mes enfants, c’était sûrement le plus beau jour de ma vie. Parce que ça faisait longtemps que j’espérais ça, malgré les crises, malgré Québecor, malgré la politique… On voulait reconstruire notre nid familial, notre équipe, on était amoureux, on a travaillé en thérapie de couple. On n’a peut-être pas travaillé assez longtemps en thérapie de couple, on aurait peut-être dû continuer à faire plus de thérapie de couple, mais moi, mes repères, mes frontières, mon pays, c’était Pierre Karl. C’est sûr que c’est ce dont j’avais toujours rêvé, ce que j’avais toujours souhaité. Et comme beaucoup de couples qui nous écoutent ce soir, on a vécu des crises, mais on se disait : «On a vécu Vidéotron, Québecor, la politique, la course à la chefferie, on va s’en sortir, on va s’en sortir…» Si je peux, peut-être, donner un conseil, je sais que je suis mal placée pour conseiller, mais on dit souvent que l’important, c’est la famille. Mais si tu ne travailles pas ta vie de couple… La vie de couple, c’est le solage de ta famille. Et ta famille ne tiendra pas si le couple ne tient plus.»

Son mariage avec Pierre Karl Péladeau, que plusieurs ont perçu comme un «happening politique»

«Quand tu maries l’homme que tu aimes, tu ne sais pas que les rebondissements de la vie vont faire en sorte qu’il va devenir chef d’un parti un jour. (…) Moi, j’étais toujours partante, pour des projets professionnels, n’importe quoi. Si je parle de l’aspect politique, une course à la chefferie, ça ne s’appelle pas «le spa de la chefferie» ; ça s’appelle «une course». Une course, ça commence bien avant l’annonce officielle, et c’est très, très intense. Moi je m’occupais d’arranger la maison, mettre un machine à café, la photocopieuse, organiser des sessions photos… J’étais la bénévole en chef. Les réunions de communications, de stratégies, qui on engage (…) me promener en dehors de Montréal, faire campagne dans Chauveau après l’élection…»

Son rapport avec la politique

«Tu pourrais devenir chef du Parti libéral et affronter Pierre Karl… », a blagué Dany Turcotte, avant que Guy A.Lepage ne demande à Julie comment elle s’est sentie le soir où elle est devenue «first lady de l’opposition» (le soir où Pierre Karl a été nommé chef du Parti québécois).

«C’est très spécial, parce que tu te donnes, tu te donnes, tu arrives dans ton auto, tu as les enfants, tu as vécu presqu’un an un peu tout croche, à faire toutes sortes de réunions, c’est bien compliqué… Et tu arrives le soir, où tu espères évidemment qu’il va être élu, on est assis… (…) Avant que Pierre Karl ne revienne, j’ai vu une demi-douzaine d’agents de la SQ se mettre en demi-lune devant moi. J’ai regardé à gauche, à droite, en arrière. Je me suis dit que j’étais la seule à avoir une demi-lune, comme ça… Et je me suis dit : "OK, ça doit vouloir dire quelque chose!" Et Pierre Karl est revenu, il a été élu, et là j’ai ressenti une bouffée de fierté, de soulagement. C’est comme si tu m’avais enlevé 10 000 livres… J’ai pensé à toutes les nuits où on se levait, tout ce qu’on faisait (…) Ce qui est compliqué, c’était de préparer des discours, écrire des lettres d’appui, demander aux artistes de l’appuyer… J’ai honte de le dire, mais moi qui suis très santé (..), j’ai commencé à fumer. Et j’avais dit aux enfants: "Si votre père est élu, j’arrête, avec l’aide d’une cigarette électronique." Je ne suis pas nounoune, je savais que c’allait être dur. Le lendemain de l’élection de Pierre Karl, je me suis retrouvée, il me restait une couple de cigarettes; il était élu, il fallait que j’arrête. Je me suis retrouvée en pyjama, en petite boule, avec un poncho d’une couleur douteuse, j’étais avec mon café et ma cigarette, en petite boule sur le balcon… J’étais vraiment comme ça. J’étais sonnée, vidée. Je réfléchissais, j’avais perdu ma compagnie… (..) Et j’ai réalisé pourquoi les gens disent que la politique, c’est violent. (…) Et je me suis dit: «Il me semble que Madame Couillard ne doit pas être en petite boule sur son balcon avec une cigarette. Lève-toi donc!»»

Guy A.Lepage s’est informé à savoir si Julie allait voter pour le Parti québécois aux prochaines élections.

«C’est une bonne question, plus claire que la question référendaire! J’avais des convictions avant d’être avec Pierre Karl, et ce n’est pas parce que nous sommes séparés, que je me suis séparée de mes convictions.»

L’avenir de Productions J

Guy A.Lepage a voulu savoir si Productions J pourra recommencer à opérer maintenant que Julie Snyder et Pierre Karl Péladeau sont séparés.

«Ça, c’est bien compliqué à comprendre. Mais, en gros, ce que je comprends, c’est que ça prend au moins deux ans après la séparation. (…) J’ai gardé les droits de Star Académie, parce que Star Académie n’était pas en ondes. Je détiens les droits de Star Académie. (…) Star Académie a été le premier projet qui a fonctionné dans la convergence de Quebecor…»

«Star Académie à V dès l’an prochain?», a suggéré Dany Turcotte.

«… à Télé-Québec!», a riposté Julie.

L’entretien de Julie Snyder à Tout le monde en parle s’est terminé sur un montage de quelques moments amusants de L’enfer c’est nous autres, que "la démone" a animé à Radio-Canada pendant quatre ans. Ce fut l’occasion pour Julie de se remémorer son entrevue surréaliste avec Serge Gainsbourg, qui avait parlé de sexe pendant toute la rencontre.

Guy A.Lepage a ensuite ouvert une bouteille de champagne pour souligner la rare présence de Julie Snyder sur sa tribune, puis Julie a lu la carte que lui a remise Dany Turcotte, et qui allait comme suit: «Si tu acceptes mon offre de revenir nous voir l’an prochain pendant Le Banquier, il y a une rumeur de carte chouchou…»

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