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30/04/2016 02:54 EDT | Actualisé 01/05/2017 01:12 EDT

Turquie: déploiement en force de la police à Istanbul pour les manifestations du 1er mai

Près de 25.000 policiers seront mobilisés à Istanbul et de nombreuses rues fermées en prévision des manifestations du 1er mai, qui voient traditionnellement des heurts entre militants opposés au pouvoir et forces de sécurité.

Plusieurs ambassades ont mis en garde leurs ressortissants contre les risques de violence, celle des Etats-Unis évoquant notamment la possibilité dimanche "de violentes confrontations entre les manifestants et les forces de sécurité".

Le bureau du gouverneur d'Istanbul a affirmé dans un communiqué samedi que 24.500 membres des forces de sécurité seraient mobilisés dans la ville afin "d'assurer la sécurité des citoyens" dimanche.

De nombreuses rues menant à l'emblématique place Taksim, dans le centre, où se déroulent d'ordinaire les manifestations, seront fermées, a précisé le communiqué.

La station de métro de la place Taksim et la sortie de celle de Sishane, à l'autre bout de la célèbre artère commerçante d'Istiklal, seront également closes.

Dès samedi, des mesures de sécurité ont été prises sur la place Taksim, où des barrières métalliques étaient installées et des dizaines de membres de la police antiémeutes déployés, selon un journaliste de l'AFP.

Comme lors des années précédentes, les autorités ont refusé d'autoriser une manifestation prévue place Taksim.

Les syndicats réclament chaque année de pouvoir accéder à la place Taksim pour honorer la mémoire des victimes du 1er mai 1977. Ce jour-là, des inconnus avaient ouvert le feu sur la place, provoquant la panique dans la foule et la mort de 34 personnes.

Depuis que cette place a été le coeur en juin 2013 d'une vague de manifestations sans précédent ayant visé à dénoncer la dérive islamiste et autoritaire de son régime, le président Recep Tayyip Erdogan y interdit systématiquement les rassemblements.

La célébration du 1er mai intervient cette année alors que le pays traverse une période particulièrement tendue, après une succession d'attentats meurtriers attribués aux jihadistes ou aux rebelles kurdes.

L'an dernier, la police avait fait usage des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants commémorant le 1er mai, et des batailles rangées avaient opposé les protestataires aux policiers.

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