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30/04/2016 07:27 EDT | Actualisé 01/05/2017 01:12 EDT

Le Kenya brûle 105 tonnes d'ivoire pour protester contre le braconnage

NAIROBI, Kenya — Le président du Kenya a mis le feu à 105 tonnes de défenses d'éléphants et à une tonne de cornes de rhinocéros, samedi, afin de souligner la ferme opposition de ce pays de l'Afrique de l'Est au commerce de l'ivoire et d'autres produits liés à des espèces menacées.

Uhuru Kenyatta a enflammé le plus gros de 11 bûchers constitués de défenses et de cornes par une matinée un peu fraîche. L'événement avait failli être annulé en raison des pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région durant la nuit avant de s'arrêter vers midi, créant une mare de boue autour des piles érigées dans le parc national de Nairobi.

M. Kenyatta a déclaré qu'il était temps pour le Kenya d'exprimer clairement son opinion par rapport à cette question et de montrer qu'à ses yeux, l'ivoire n'a aucune valeur sauf lorsqu'il est porté par ses éléphants.

Les montagnes de défenses et de cornes brûlées représentent plus de 8000 éléphants et quelque 343 rhinocéros massacrés, selon le service kényan de la faune.

Le Kenya militera en faveur d'une interdiction complète du commerce de l'ivoire à l'occasion de la 17e rencontre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) qui aura lieu plus tard cette année en Afrique du Sud, a précisé le président Kenyatta.

Le gouvernement kényan a décidé de détruire l'ivoire, dont la valeur était estimé à 150 millions $ US, plutôt que de le vendre. Certains ont laissé entendre que l'argent de la vente aurait pu servir à financer le développement du pays et la protection de sa faune. Mais Uhuru Kenyatta a martelé que le Kenya voulait vraiment mettre l'accent sur le fait que l'ivoire ne devrait avoir aucune valeur commerciale.

D'autres ont affirmé que ce geste ne mettrait pas fin au commerce clandestin parce que les bandes criminelles internationales continueront de profiter des frontières mal surveillées du Kenya et de la corruption qui y règne pour poursuivre leurs activités illicites.