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28/04/2016 05:04 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

Ukraine: un journaliste renommé à nouveau autorisé à travailler après un tollé

L'Ukraine a restauré jeudi de manière provisoire le permis de travail du journaliste Savik Shuster, citoyen canadien et présentateur du plus populaire talk show politique du pays, dont l'annulation avait fait scandale cette semaine.

L'annulation de ce permis est désormais "suspendue (...) jusqu'à ce que lumière soit faite" sur son affaire à la suite d'une "requête écrite" de M. Shuster, a annoncé jeudi dans un communiqué le Service d'Etat pour l'emploi.

Cette structure avait annoncé mardi l'annulation du permis de travail de M. Shuster en tant que journaliste étranger: né en Lituanie, alors république soviétique, il est aujourd'hui citoyen canadien mais pas ukrainien. Le service pour l'emploi avait expliqué sa décision par la découverte de "fausses informations" dans le dossier de l'animateur de 63 ans: visé par des poursuites du fisc ukrainien pour fraude présumée depuis octobre 2015, le journaliste n'en a pas fait mention dans son dossier.

Le Canadien avait alors dénoncé des "pressions" du pouvoir qualifiant les accusations du fisc d'"affaire montée de toutes pièces" et déclaré une grève de la faim en signe de protestation.

La représentante de l'OSCE pour la liberté de la presse, Dunja Mijatovic, avait exprimé dans un communiqué sa "préoccupation" devant cette "obstruction" au travail du journaliste.

Le président prooccidental Petro Porochenko avait dû intervenir, disant "espérer" que cet incident serait "réglé" dans "les plus brefs délais" et promettant de toujours "protéger la liberté d'expression".

M. Shuster avait dans les années 1990-2000 dirigé à Moscou le bureau de la radio américaine Free Europe/Liberty. Il a ensuite travaillé pour la télévision russe NTV avant de s'installer en Ukraine en 2005 où son talk show, baptisé actuellement Shuster Live a connu différents noms et diffuseurs mais est toujours resté très populaire.

Les nouvelles autorités prooccidentales, confrontées depuis deux ans à un conflit armé avec les rebelles prorusses dans l'est du pays, ont été critiquées pour avoir dressé des listes noires de livres et de journalistes interdits de séjour, notamment russes.

Cette ex-république soviétique a néanmoins grimpé cette année de 22 positions, à la 107e place sur 180, dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters Sans Frontières (RSF), qui y dénonce toujours l'emprise des oligarques sur les médias.

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