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28/04/2016 06:38 EDT | Actualisé 28/04/2016 06:38 EDT

Plants and Animals offre le nouvel album «Waltzed in From the Rumbling» (VIDÉO)

Le très bon groupe de rock montréalais Plants and Animals propose enfin un nouvel album, Waltzed in From the Rumbling, un titre poétique et évocateur que l’on pourrait traduire bêtement par «Valsé au milieu des tremblements». Après le plus ou moins réussi The End of That (2012), ce disque ambitieux et réussi devrait faire le bonheur des amateurs de ce trio culte dans l’univers de la musique indépendante au Canada. Rencontre.

En 2008, le groupe proposait Parc Avenue, un premier long jeu qui a frappé fort. Ce disque a interpelé les plus grands médias spécialisés.

Dans la foulée, le groupe a visité les scènes d’émissions de télé et de radio très prisées des artistes. Par le fait même, Plants and Animals a obtenu une enviable reconnaissance à l’international, et du même coup joué dans plusieurs villes européennes et américaines. Depuis, ce groupe n’a jamais réussi à livrer un disque de qualité équivalente.

Waltzed in From the Rumbling est possiblement le nouveau souffle dont le groupe avait tant besoin pour s’envoler de nouveau.

Les deux premiers morceaux qui ouvrent l’album, l’excellent We Were One - on dirait que l’âme de David Bowie plane au-dessus de cette pièce, tout comme sur le beau morceau Je voulais te dire -, et No Worries Gonna Find Us sont dans le sillage de ce que la formation proposait il y a une dizaine d’années.

«Bowie est toujours une source d’inspiration, raconte le chanteur et guitariste Warren Spicer, assis à la grande table de cette jolie et veillotte salle appartenant à la maison de disque montréalaise Secret City Records.

«Ce n’était peut-être pas nécessaire de mentionner son nom dans le communiqué de presse [qui présente l’album], puisqu’il est toujours là, quelque part, dans notre travail», renchérit le batteur Matthew Woodley.

Les membres de Plants and Animals citent aussi le travail de Van Morrison lorsque nous évoquons les influences sonores de Waltzed in From the Rumbling. «C’est plus une question de feeling et d’ambiance au sujet de Van Morrisson», précise Spicer. Il est vrai que le soul folk de Morrisson fait écho dans la plus récente musique de Plants and Animals.

Un peu à l’instar du travail de l’auteur-compositeur-interprète européen, qui mélange astucieusement les ambiances enveloppantes et les éclats lumineux, Waltz in From the Rumble n’est pas un album de rock aux rythmes effrénés. Sur les 11 morceaux qui composent le disque, la moitié sont relativement posés (Fata Morgana, Flowers, Johnny Is A Drummer).

On retrouve parmi eux quelques balades lyriques qui s’émoustillent en cours de route, comme l’essentielle Stay. «Il y a en effet des grands moments et des bouts plus calmes, affirme le multi-instrumentiste (dont basse et guitare) Nicolas Basque. Cette construction n’était pas très planifiée. On a laissé pas mal les pièces évoluer selon leur force. Parfois, on a créé des passages très up beat ont disparu durant l’enregistrement.»

Retour aux sources

Selon les gars, le processus créatif entourant l’album (enregistré et mixé aux Mixart Studios de Montréal) ressemble à celui préconisé pour les deux EP et le premier long jeu. «On a utilisé le studio comme un outil de travail, indique Basque. On a enregistré sur du ruban, comme à l’époque de Parc Avenue. On a transféré sur ordinateur pour conserver toutes les sessions et monté les chansons», explique Basque.

«Ce choix de procédure visait simplement une meilleure qualité de son, poursuit Spicer, qui a assumé aussi le rôle d’ingénieur studio.

Pour nous, c’est plus gras. Il y a plus de profondeur et de détails aussi sur du tape. On a joué les morceaux ensemble. Ce n’est pas une philosophie à laquelle on s’accroche. D’ailleurs, on n’avait pas fait ça pour les deux albums précédents.»

«On n’est pas des puristes, de dire Woodley. Mais, on aime la méthode qui entoure l’utilisation du ruban. Jouer ensemble durant l’enregistrement apporte une couleur différente à un album. C’est plus intuitif.»

Selon Nicolas Basque, cette manière de travailler s’explique aussi dans le désir, dès 2012, de retrouver une atmosphère qui existait aux débuts de l’existence de Plants and Animal : «On a pris notre temps, pour ce quatrième disque. On s’est aussi libéré des contraintes financières, des deadlines, etc. On s’était également imposé des défis techniques lors deux derniers albums et on ne voulait pas refaire ça.»

Cette fois-ci, on a mis des violons si on avait besoin de lignes violon.

On n’a fermé aucune porte.»

C’est le cas pour la deuxième chanson, No Worries Gonna Find Us (qui réfère à la maladie mentale dont souffre Warren Spicer). Les paroles «No worries, no worries, no worries gonna find us / no worries gonna be the boss of my mind» sont accompagnées d’arrangements folk rock soignés, symphoniques et passablement accrocheurs au milieu desquels émergent de belles lignes de cordes et de flûte. Bien qu’un peu suremballé, ce morceau dégage une belle mixité de sensibilité et de fougue. Cette chanson illustre assez bien le mélange groovy et lisse de Waltzed in From the Rumbling.

Pour le reste, il n’y a pas grand-chose qui déborde de cette proposition générale, malgré les moments de haute voltige à la Arcade Fire ou à la Broken Social Scene.

Dans l’ensemble, l’aventure est belle. D’autant plus attrayante que les pièces de Waltzed in From the Rumbling devraient très bien se transposer sur scène.

Pour les spectacles, le trio sera complété par la choriste Adèle Trottier-Rivard (elle a également participé à l’enregistrement de l’opus, tout comme Katie Moore) et du bassiste Josh Toal. Plants and Animals entamera une tournée en Amérique du Nord et en Europe dès le 6 mai. Par ailleurs, le groupe proposera une série de spectacles au Québec, à l’automne. Mentionnons le concert au Théâtre Corona de Montréal, le 15 octobre.

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Plants and Animal (http://www.plantsandanimals.ca/)

Waltzed in From the Rumbling

Secret City Records

Sortie le 29 avril

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